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Emploi des femmes : leur évolution sur le marché du travail

Des métiers s’ouvrent aux femmes dans des secteurs en déficit de main-d’œuvre. Si les femmes s'imposent de plus en plus sur le marché du travail, il subsiste toujours certaines inégalités avec les hommes pour un même poste.
• Des métiers où l’on manque de femmes

Cantonnées dans les emplois du tertiaire liés au service, les femmes peinent à s’orienter vers les autres secteurs.

Pourtant ailleurs, bien des métiers qui manquent de main-d’œuvre sont prêts à recruter des femmes. C’est le cas du transport, de la métallurgie et de l’industrie mécanique. « Pour les métiers de tourneur-fraiseur, soudure, il y a peu de candidats », note-t-on à l’Afpa.

De la place pour les femmes : l’exemple du bâtiment

Le bâtiment souffre d'une image qui peine encore à retrouver des couleurs. Dans ce contexte, les femmes ont le moyen de trouver leur place, sans avoir à jouer des coudes. Les patrons du bâtiment ont évolué et intégrer des femmes dans leurs équipes n'est pas un problème. Ce qui compte, c'est la motivation et l'envie pour le métier. (Ouest-France, A. BLANCHARD-LAIZÉ)


La modernisation rend les métiers accessibles

« Les freins, je n’en vois pas », commentait Anthony Rouxel, représentant de la Fédération nationale des entreprises de transports. Amélioration de l’ergonomie, de la sécurité, le métier est devenu accessible. « Ce n’est plus comme avant, du lundi au vendredi : dans 80 % des cas, on part le matin et on revient le soir. »

La modernisation qui a permis de remédier à la pénibilité rend possible cette accessibilité d’un grand nombre de métiers masculins aux femmes. « Ce n’est pas plus compliqué de tirer des transpalettes où il faut juste appuyer sur un bouton que de manipuler des patients quand on est infirmière ou aide-soignante. »

En revanche, il faut obligatoirement avoir le permis. Et côté employeur, il faut deux vestiaires, un pour les hommes, l’autre pour les femmes. Séphora, qui est chauffeur de car, confirme : « Les véhicules, avec la direction assistée, sont faciles à conduire. Il faut simplement visualiser le gabarit du véhicule et s’adapter. »


• Sérénité, minutie, le plus qu’apportent les femmes

Les femmes sont même appréciées pour différents métiers encore très masculins. Dans le transport, on apprécie leur conduite plus anticipative et en douceur. « Elles ont moins d’accident. Il y a aussi moins d’usure sur le véhicule », soulignait Anthony Rouxel.

« Elles jouent aussi un rôle commercial important. » Et puis, là où elles arrivent, « elles apportent de la sérénité et il y a moins de tensions », ajoutait Anthony Rouxel. « L’ambiance macho, c’est de moins en moins vrai. » Le constat est que la mixité contribue aussi à améliorer le confort pour les salariés. Dans les métiers de la mécanique de précision, la minutie des femmes est appréciée.


• Des métiers masculins qu’elles adorent

Séphora, qui a suivi une formation de préparatrice en pharmacie, est finalement devenue chauffeur de cars scolaires à Vannes. Elle transporte des élèves du primaire au lycée, en voit beaucoup grandir. Elle connaît tous les enfants par leurs prénoms. « Ils aiment bien discuter avec une personne neutre de leurs soucis d’élèves : les personnes qui les ont embêtés, les mauvaises notes qu’ils ont eues.

Aujourd’hui, j’ai eu plein de poissons d’avril dans mon car et des petits chocolats. Ce métier, j’ai envie de le continuer jusqu’à ma retraite.»


• Précarité et égalité des salaires


Les femmes s'imposent de plus en plus sur le marché du travail. Le bémol reste que l’égalité hommes-femmes n’est pas encore acquise.

Les chiffres sur la Bretagne démontrent clairement qu’on en est encore loin. « Les femmes occupent des postes plus précaires. Elles occupent à 70 % des contrats à temps partiel qui ne sont pas toujours souhaités. Elles gagnent en moyenne 19 % de salaire en moins que les hommes à poste égal », indique Séverine Maurice, du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Morbihan.

Les femmes sont aussi plus touchées par le chômage. En Bretagne, 57 % des demandeurs d’emploi sont des femmes.
Ouest-France , N. JAY
mardi 19 août 2008

Ça va patronne ? Quatre femmes témoignent

Elles sont devenues chef d'entreprise dans des domaines d'activités pas toujours glamours. Cela leur réussit plutôt bien.
De gauche à droite, Marie-Laurence Gouraud, coprésidente de la société Sodebo avec ses deux soeurs, Laurence Jouet, PDG de Specimat, entreprise de BTP, Christelle Caillaud, dirigeante de Trex, société de visserie, Valérie Dalaine, créatrice de Regard de soi.
De gauche à droite, Marie-Laurence Gouraud, coprésidente de la société Sodebo avec ses deux soeurs, Laurence Jouet, PDG de Specimat, entreprise de BTP, Christelle Caillaud, dirigeante de Trex, société de visserie, Valérie Dalaine, créatrice de Regard de soi.
« Je n'avais jamais imaginé diriger une entreprise qui fabrique de la visserie. J'ai fait une réunion pour savoir si le personnel très masculin était prêt à être dirigé par une femme. Cela s'est passé sans trop de soucis. » Depuis près de neuf ans, Christelle Caillaud est la patronne de Trex, une entreprise choletaise qui produit toutes sortes de vis, aussi bien pour l'automobile que pour l'électroménager ou l'aéronautique...

Devant des assistantes de direction et des étudiantes en gestion des PME-PMI, du lycée La Providence, elle a raconté comment elle a réussi à accéder à ce poste généralement réservé à des hommes (1). Trois autres femmes dirigeantes d'entreprises ont apporté leur témoignage. Parfois surprenant.

Laurence Jouet, patronne de Specimat, entreprise spécialisée le commerce de bois et de matériaux de construction rêvait de devenir archéologue. C'est son beau-père qui lui a proposé de prendre les rênes de l'affaire familiale. Pas vraiment glamour le BTP ? « J'ai été mise devant le fait accompli en 1995, raconte-t-elle. J'étais orgueilleuse. J'ai écouté. J'ai regardé. J'ai reçu une formation au centre des jeunes dirigeants. Cela m'a permis de me constituer un réseau, de savoir m'entourer. »

À l'évidence, le challenge a été relevé : Spécimat s'est développé, créant de nouvelles structures à Angers en 2004 et à La Roche-sur-Yon en 2006. « C'est un atout d'être une femme dans un domaine masculin, affirme Laurence Jouet. Une fois qu'on s'est fait respecter, si on ne joue pas à la midinette, on parle d'égal à égal avec les hommes. »

• Sodebo : trois sœurs coprésidentes

Plus étonnant encore. L'entreprise Sodebo, basée à Saint-Georges-de-Montaigu, en Vendée, n'est pas dirigée par une femme, mais par trois ! Trois soeurs dont les parents avaient ouvert une charcuterie de détail. Aujourd'hui, l'entreprise emploie 2 000 salariés. Elle produit des sandwiches, pizzas, produits cuisinés et autres plats cuisinés. Marie-Laurence Gouraud, une des trois frangines, a commencé par faire du pâté dans la charcuterie familiale : « J'adorais ça. Créer des produits, c'est un vrai plaisir. »

Les parents leur ont mis le pied à l'étrier en leur confiant à chacune un projet à développer. Marie-Laurence s'est lancée dans la logistique. « On est dans l'entreprise par passion. Pour moi cela a toujours été une envie. Je m'éclate. C'est un plaisir de former des gens et d'arriver à faire quelque chose ensemble. »

• Une femme doit faire plus

Créatrice de la société Regard de soi, à Ancenis, Valérie Dalaine a eu un parcours plus chaotique. Après avoir été salariée dans diverses entreprises, elle a décidé d'être sa propre patronne : « Pour se faire respecter, une femme doit faire plus, témoigne-t-elle. Mais quand c'est acquis, c'est acquis. Cela demande du temps et de l'énergie. »

Aujourd'hui sa mission est de « replacer l'humain au centre des considérations dans l'entreprise ». Une exigence qui profite aussi bien aux salariés qu'à l'entreprise. « Les sociétés qui perdurent sont celles qui savent reconnaître l'être humain et ses valeurs », assure-t-elle. Une idée qui ne va pas forcément de soi dans une période d'hypercompétitivité.

• Saisir les opportunités

Ces quatre femmes ont en commun d'avoir gravi les échelons un par un. Leur réussite n'est pas forcément due à de longues études. Elles ont tout juste le bac ou, au mieux, suivi de courtes études supérieures. Mais, elles ont ensuite su être présentes quand une occasion se présentait. Elles se sont formées en fonction des besoins. « Il y a toujours des opportunités pour ceux qui savent aller de l'avant, assure Christelle Caillaud. Ce qu'on apprend dans la vie active vaut cent fois ce qu'on apprend à l'école. »

Mieux : ces femmes, ne se contentent pas de réussir leur vie professionnelle. Elles sont également parvenues à fonder une famille. À avoir des enfants : « Cela oblige à bien s'organiser, ajoute Christelle Caillaud. Pour les enfants, ce qui compte ce n'est pas la quantité du temps qu'on leur consacre mais la qualité. »

(1) La soirée était organisée par l'association @ssistant Connexion, présidée par Patricia Rotureau. Courriel : contact@assistantconnexion.fr. Site : www.assistantconnexion.fr.
M. C., Ouest-France
vendredi 30 octobre 2009
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Les femmes et l'emploi

  • Chaunu,
  • Caroline, plombière-chauffagiste... et patron

    vendredi 04 décembre 2009
    Caroline Breton fut l'une des premières diplômées du département génie thermique et énergie de l'IUT. Dix ans plus tard, à 32 ans, elle dirige une entreprise de 9 salariés.
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Des métiers masculins qu’elles adorent - TEMOIGNAGES

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    • Sophie : « Là où on embauche »

    « J’ai travaillé dans la thalassothérapie pendant sept ans. Je n’avais pas de perspective d’évolution, et l’ambiance entre femmes ne me plaisait pas. Le contact avec les collègues masculins passe mieux.

    Je me suis tournée vers le bâtiment un peu par hasard. Je voulais reprendre un emploi rapidement, et c’est un secteur où l’on embauche beaucoup. En plus, j’aime bien le travail manuel. Je me suis donc tournée vers le métier de peintre en bâtiment.

    Je voudrais faire une formation, mais il y a beaucoup d’attente. Du coup, j’ai contacté directement les entreprises. Les petites entreprises n’ont pas l’argent pour me former, mais j’ai un contact pour un emploi de peinture intérieure et décoration. Je vais les rencontrer bientôt. »


    • Typhaine : « Une bonne entente »

    « J’ai passé un Bac et un BTS élevage du cheval, mais la filière équine ne m’a pas plu. Pendant mon BTS, j’ai eu l’occasion de faire des stages, dont un dans un élevage de porcs. J’ai beaucoup aimé les animaux, la façon dont on travaille avec eux. Au début, mon entourage était surpris par mon choix, parce que je ne viens pas d’un milieu agricole. Ils s’y sont rapidement habitués.

    Dans la première exploitation qui m’a embauchée, il y avait cinq hommes. J’étais la première femme à y travailler, et j’ai été très bien accueillie. Aujourd’hui, j’ai deux collègues, des hommes, et nous avons environ le même âge. Il y a une très bonne entente. Aujourd’hui, les éleveurs cherchent de plus en plus des femmes, pour leur instinct maternel avec les animaux. »

  • Chaunu,

Emploi : plus des deux tiers des employeurs recrutent indifféremment homme ou femme

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    Plus des deux tiers des employeurs recrutent indifféremment un homme ou une femme (72%), selon une étude de la Dares (études des ministères sociaux) qui révèle aussi que les femmes sont plus souvent recrutées à temps partiel et en contrat à durée déterminée (CDD).

    Seuls "un peu plus d'un quart (28%) des employeurs ont déclaré qu'ils n'étaient pas indifférents au genre de la personne à recruter" et dans ces 28%, "dans 70% des cas, ils déclaraient préférer recruter un homme plutôt qu'une femme", selon cette étude menée en 2005 et publiée jeudi.

    Et "93% des employeurs ayant exprimé une préférence l'ont concrétisé dans le choix du candidat retenu", poursuivent les auteurs, Hélène Garner et Marie Magnien.

    Les employeurs souhaitant recruter un homme expliquent leur préférence par le profil du poste à pourvoir, ce qui peut "renvoyer aux contraintes physiques du poste, ou aux représentations sexuées relatives à certains postes", relève l'étude.


    • Les hommes majoritairement en CDI

    Par ailleurs, "les hommes sont nettement majoritaires parmi les salariés recrutés en contrat à durée indéterminée (CDI) : 59% contre 41% de femmes", des écarts "particulièrement marqués" entre 30 et 39 ans, où l'on rencontre deux tiers d'hommes recrutés en CDI pour un tiers de femmes.

    En CDD, on dénombre 56% de femmes et 44% d'hommes.


    • Les femmes et le temps partiel

    Les femmes sont également davantage embauchées sur des postes à temps partiel : près de la moitié des femmes recrutées en CDD sont à temps partiel (46%) alors que ce n'est le cas que de 16% des hommes.

    En CDI, 31% des femmes sont embauchées à temps partiel, contre seulement 6% des hommes.


    • Les femmes plus diplômées

    Les femmes ont aussi "dans l'ensemble" un niveau de diplôme plus élevé que celui des hommes. Parmi les femmes recrutées en CDI, "60% d'entre elles ont un diplôme supérieur ou égal au baccalauréat, contre 43% des hommes, et 38% d'entre elles sont titulaires d'un diplôme supérieur ou égal à bac+2, contre 27% des hommes".

    "Le Medef est totalement engagé dans le combat pour l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, mais aussi dans celui d'une représentation juste et véridique des entreprises et de leur fonctionnement", a réagi la présidente, Laurence Parisot.

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