À l'Afpa de Caen, la formation en plomberie avec option énergies renouvelables connaît un succès incroyable.
« Se former, c'est repartir pour une autre vie »
mardi 16 juin 2009
Ils ont choisi le Greta de Flers, l'Afpa de Caen ou une autre structure. Luc, Catherine, Cédric, Jean-Pierre... témoignent que l'on peut se former tout au long de la vie.
« Au début, les lycéens m'appelaient monsieur. C'était troublant. » 30 ans et père de famille, Cédric décide de reprendre ses études. « Après dix années d'intérim, j'ai voulu passer un Bac professionnel en 2008. Actuellement je prépare un BTS en alternance. »
Une formation au métier d'outilleur qu'il suit à Flers. « La mixité des publics, jeunes et moins jeunes, est sacrément enrichissante. Les lycéens m'épaulent sur les matières classiques, moi je leur apporte mon regard de professionnel. »
À deux pas, dans une des salles informatiques du Greta ornais, Luc s'initie à la navigation sur Internet. « Je fais ça pour rester dans le coup. » En face de lui, Françoise, elle, tente de reprendre pied dans le monde du travail. « Après trente années d'expérience professionnelle, je me retrouve au chômage. En perfectionnant mes connaissances, je tente d'améliorer mon CV. »
Jean-Pierre, lui, bosse sur des tableaux comptables. Patron d'une entreprise de 200 salariés qu'il a vendue en 2006, il avait été embauché comme directeur dans une société de messagerie. « Mais, en décembre, j'ai fait l'objet d'un licenciement économique. Alors avec mon fils, pointu en informatique, nous bâtissons un projet sur le Net. »
Le boom des énergies renouvelables
À l'Afpa de Caen, dans l'atelier soudure les stagiaires en plomberie font griller les chalumeaux. Originalité, « nous formons en même temps des publics très différents : jeunes de moins de 26 ans, personnel en perfectionnement, salariés en reconversion », indique Daniel Guesdon, le formateur.
Ce souci de mixité sociale a son revers. « Nous sommes parfois confrontés à des problèmes de comportement que nous n'avions pas à gérer. » Les encadrants ont également dû revoir leur façon d'enseigner. « Nous faisons désormais de la formation individualisée. »
La demande des stagiaires est forte pour ce secteur d'activité. « Ils doivent patienter jusqu'à 18 mois avant que l'on puisse les accueillir. »
Raisons de cet engouement ? « Plus de 80 % trouvent un emploi. Notamment dans les énergies renouvelables. » Depuis que, sous l'impulsion du Conseil régional, l'Afpa a enrichi la formation plomberie d'une option « renouvelables », la demande des entreprises s'envole.
Aïcha, jeune stagiaire en perfectionnement, en témoigne. « Chaque fois que nous intervenons chez un particulier, il nous réclame des informations sur les énergies renouvelables. Cette formation est un réel plus pour se faire embaucher. » Les salariés titulaires de ce certificat permettent aussi aux employeurs qui les recrutent d'entrer dans les dispositifs de soutien aux énergies renouvelables mis en place par la Région.
Jean-Pierre BUISSON, Ouest-France