Spécialiste du béton armé, le coffreur-bancheur construit des immeubles, des ponts, des lignes de métro, le stade de France, des tunnels… La profession a du mal à recruter des jeunes.
« J’espérais devenir chef de chantier. Le bâtiment m’a toujours branché. » En potassant son bac scientifique S, Frédéric Fichaux vise un IUT génie civil. Mais tout s’écroule quand il rate son bac.
Il décide d’entrer quand même dans le bâtiment, mais par la petite porte. En apprentissage, à Saint-Grégoire, près de Rennes, il prépare le CAP et le BEP construction en béton armé. Frédéric trouve vite une place d’apprenti dans une entreprise rennaise « Pour progresser plus vite », il poursuit en brevet professionnel, l’équivalent du bac pro. Et il est embauché dans la foulée par CBL. Trois ans plus tard, le jeune coffreur est nommé chef d’équipe. Sur les chantiers, il anime six compagnons. Frédéric construit un immeuble de 65 appartements sur huit étages. En se référant au plan, les murs et les piliers ont été tracés. Reste à monter les coffrages métalliques (les banches). Ce sont de grands éléments à double parois qui forment un moule à la dimension du mur à édifier. « Chacun pèse deux tonnes. C’est le grutier qui les met en place. En les vissant, on vérifie leur aplomb et leur alignement. Et on coule le béton à l’intérieur. Mais avant, on installe des armatures métalliques pour consolider le béton. Un véritable treillis en fer. Leur bon positionnement conditionne la solidité d’un mur. »
Le béton est déversé par les toupies des camions. « Avec un outil, on vibre le béton pour chasser les bulles d’air. »
Quand il sera sec, Frédéric et son équipe n’auront plus qu’à défaire le coffrage pour le remonter un peu plus loin. Et ainsi de suite, d’étages en étages. « Le métier de coffreur bancheur est plus technique que celui de maçon. Il faut bien connaître la résistance des matériaux. On ne manie pas la truelle, mais l’acier. Chaque chantier est différent. Il faut s’adapter. » Dans quelques années, Frédéric espère être promu chef de chantier.