Les métiers des carrières et des matériaux de construction sont méconnus. Pierre explose et broie les roches.
La tonne d’explosifs est répartie dans une vingtaine de trous. La carrière est déserte. Le mineur boutefeu déclenche les explosions, trou par trou. Tout un pan du front de la carrière s’effondre. Quelques minutes plus tard, la carrière s’anime. Un concasseur sur chenilles broie les roches. D’énormes camions bondissent sur leurs pneus de géant. « Ces bennes, appelées dumpers, peuvent charger quarante tonnes de cailloux », précise Pierre Gainche, le chef de carrière. Le ballet des mastodontes jaunes est impressionnant.
Fasciné par ces engins, Pierre choisit de se diriger vers un BEP constructeur de routes, pour tout connaître sur les granulats. Les granulats sont la principale matière naturelle consommée après l’eau. C’est l’or noir de la construction. Sans eux, pas de routes, pas de ponts, pas d’hôpitaux, pas de logements… Pierre passe ensuite le bac professionnel travaux publics. Il ne lui reste plus qu’à préparer, en deux ans, le certificat de qualification professionnelle chef de carrière.
Pierre commence comme chauffeur d’engins, dans une carrière de Louvigné-de-Bais, en Ille-et-Vilaine. Il pilote aussi la chaîne automatisée de fabrication des granulats.
Trois ans plus tard, il est nommé adjoint au chef de carrière. Il dirige aujourd’hui celle de Saint-Médard-sur-Ille et de Guipel, près de Rennes, avec plus de 20 salariés : conducteurs d’engins et de camions, mécaniciens, pilote de l’installation…
« À partir de la roche brute, on fabrique des gravillons de plusieurs tailles jusqu’au très fin et du sable. » Chaque jour, le pilote de l’installation automatisée consulte le programme de fabrication qui précise le type de granulats à produire et le tonnage. Il règle ses équipements et démarre la chaîne de production. Il procède au chargement des camions : « 15 tonnes en une minute quarante. »