jeudi 09 avril 2009
Jeunes en zones urbaines sensibles : le premier emploi plus long à décrocher
Les jeunes issus de zones urbaines sensibles (ZUS) mettent plus de temps que les autres à décrocher un premier emploi, selon une étude publiée jeudi par la fédération patronale de l'intérim (Prisme) mais réalisée avant que la crise économique n'affecte le marché de l'emploi.
Les jeunes de ZUS mettent "en moyenne 5,7 mois à trouver leur premier emploi à leur sortie du système éducatif, tous niveaux confondus, contre 3,5 mois pour les jeunes hors ZUS", selon cette étude sur les jeunes, le premier emploi et l'intérim réalisée mi-2008 par BVA et Bernard Bruhnes Consultants.
En période économique défavorable, 25% de l'ensemble des jeunes décrochent un CDD de plus de six mois ou un CDI un an après une mission d'intérim, contre 30% en période favorable, selon l'Observatoire du travail temporaire.
"Pour les jeunes, il est particulièrement difficile d'acquérir une première expérience. Et, avec la crise, comme les entreprises ont le sentiment que le marché de l'emploi leur redonne la main, elles ont des exigences accrues", a souligné devant la presse le président du Prisme, Arnaud de la Tour.
Avant même la crise, les entreprises recourant à l'intérim recherchaient souvent "des jeunes opérationnels tout de suite et donc expérimentés, y compris dans des métiers réputés non qualifiés", selon l'étude.
S'ils mettent plus de temps que les autres à accéder à l'emploi, les jeunes de ZUS connaissent les mêmes types de difficultés lors de leur première recherche d'emploi, dues essentiellement à leur manque d'expérience.
Dans l'ensemble, plus des deux tiers des jeunes ont expliqué que leur premier emploi ne correspondait pas à leurs attentes, sachant que les jeunes de ZUS s'attachent davantage à la rémunération et moins au secteur d'activité que les autres.
Pour environ un jeune sur deux, le premier poste était inférieur à leur qualification ou ne correspondait pas au secteur recherché. Un écart encore plus marqué pour les jeunes de ZUS.
Si l'intérim était un choix pour près de la moitié des jeunes interviewés, c'était "par défaut" pour les jeunes de ZUS, dont la moitié recherchait avant tout un CDI, selon les auteurs de l'étude.
Au bout de trois ans, les jeunes issus de ZUS sont moins souvent (60%) dans un emploi "durable" (CDD supérieur à six mois ou CDI) que les autres (69%).
Cette étude résulte d'une enquête téléphonique au printemps 2008 auprès de 1.000 jeunes de moins de 30 ans, intérimaires ou pas, issus pour moitié de ZUS, et de 600 entreprises, dont la moitié en ZUS, ayant eu au moins un intérimaire en 2007, ainsi que de 150 entretiens en face-à-face de jeunes de missions locales.
AFP