Pas nécessaire de connaître le métier, on juge plutôt sur les aptitudes à l'effectuer.
Emploi : la méthode d'embauche par simulation
mercredi 17 juin 2009
Vous n'y connaissez rien à un métier, mais vous pourriez quand même l'exercer. C'est la méthode d'embauche par simulation. Exemple avec le futur Super U des Arcades Rougé.
En bruit de fond, l'ambiance d'un supermarché. Un brouhaha de conversations, de chariots qui couinent, de caisses enregistreuses, et d'annonces. Des annonces d'un genre un peu particulier : « Attention, événement numéro 5. »
En fait, on n'est pas dans un supermarché, mais dans les locaux de l'Afpa. Entre les rayons fictifs, six femmes qui postulent pour être embauchées dans le futur Super U des Arcades Rougé. Les dernières de 110 demandeurs d'emploi qui se sont succédé pendant une semaine.
L'habilité plutôt que la compétence technique
Ici, pas de
CV. Pas besoin d'étaler son
expérience, pas plus que de valoriser ses
compétences techniques. Non, ici, on recherche « l'
habileté ». Les futurs gérants du Super U ont voulu recruter une douzaine de caissières et une quinzaine d'employés de libre-service via la méthode dite de la simulation.
C'est quoi ? Pierre Delaporte, du Pôle emploi d'Angers, explique. « On observe les postes de travail, on détecte quelles sont les compétences techniques nécessaires et quelles sont les habilités requises. Ensuite, on propose aux entreprises d'évaluer les gens sur ces habiletés. » À l'entreprise, ensuite, de former les gens aux compétences techniques. Dans la grande distribution, la méthode est désormais bien rodée.
Le résultat, ce sont trois heures d'évaluation. Hier, à l'Afpa, on teste des candidats pour des postes d'employés en libre-service. Il faut savoir ce que l'on a en rayon, passer commandes, signaler ce qui manque, mémoriser la signification des codes barres. « C'est un magasin fictif. Mais il y a les clients, les responsables hiérarchiques, les imprévus. »
Cette
mise en situation peut apporter la preuve qu'un candidat est bien fait pour le poste, même s'il ne connaît rien au métier. « Les gens sont acteurs de leur recrutement. Ils peuvent découvrir des choses dont ils ne se seraient pas crus capables. » Tout bénef aussi pour l'entreprise qui ne risque pas de passer à côté d'une future perle rare.
Tous les candidats sont jugés en fonction d'une grille établie avec des salariés de la branche. « Ceux qui atteignent le seuil de référence sont systématiquement convoqués pour un entretien. » L'entretien portera essentiellement sur la motivation.
Il est un peu plus de 16 h. Plus que 10 minutes. Les six femmes s'activent entre les « rayons », entre les deux animateurs qui gèrent l'évaluation. Elles l'admettent : « C'est un peu stressant. On a un temps à respecter pour chaque exercice. » Mais pour la plupart, l'exercice s'est révélé plutôt positif. Maintenant, ne reste plus qu'à attendre les résultats et l'entretien.
Ouest-France