La terre fait germer de nombreux emplois. De plus en plus techniques et diversifiés : agrotourisme, vente directe à la ferme, bois-énergie…Zoom sur un secteur en plein développement...
C’est une petite révolution qui est en train de se produire : jusqu’à ces dernières années, l’agriculture fournissait de la main-d’oeuvre à un pays en pleine croissance. C’était l’époque des Trente glorieuses et de l’exode rural.
Aujourd’hui, la situation est inversée.
C’est désormais l’agriculture qui recrute. En 2007, le monde agricole, tous secteurs confondus, a signé plus de 51 000 contrats à durée indéterminée (CDI) et un million de contrats à durée déterminée (CDD).
La raison de ce développement ?
L’agriculture a moins connu les vicissitudes de la délocalisation que d’autres secteurs. Elle s’est concentrée à vive allure : les exploitations atteignent des tailles qui les amènent à embaucher. Les exploitants veulent aussi gagner en qualité de vie, ce qui les incite à recruter pour alléger la charge de travail.
L’alimentation reste, en outre, l’un des grands volets de l’économie, avec une stabilité que lui envient bien d’autres activités. Mais c’est aussi le cas de domaines comme l’horticulture ou l’agrotourisme, qui correspondent à des besoins sans cesse croissants de la société.
Les salariés se font rares
Les consommateurs changent, les techniques et les débouchés agricoles aussi. Les utilisations non alimentaires, les biocarburants, les machines agricoles de nouvelles générations ou encore les biotechnologies génèrent de nouveaux besoins de main-d’oeuvre. Regroupées ou non, les exploitations sont souvent demandeuses de conseils en énergie et en environnement. Un soutien qu’elles trouvent auprès des centres de gestion ou des coopératives.
140 000 salariés non familiaux travaillent sur les fermes françaises. Leur nombre est quasiment stable depuis dix ans, mais leur part (20 % du personnel) a fortement augmenté, vue la baisse considérable de l’effectif global dans les exploitations. Actuellement, les exploitants peinent même à trouver de la main d’oeuvre. Un employeur sur cinq déclarait avoir du mal à recruter un salarié, l’an dernier.
Pour y remédier, la FNSEA, principal syndicat agricole, a lancé en début d’année une grande campagne de communication pour redorer le blason de l’agriculture. Qu’il s’agisse des exploitations ou des activités connexes, les besoins sont considérables.