Pas forcé d’être du sérail pour vivre sa passion pour la terre en devenant agriculteur. 10 % des nouveaux installés sont des citadins.
Et si le bonheur, pour les citadins, était dans le pré ? Une bonne part des nouveaux installés en agriculture en sont convaincus : citadins d’origine, ils sont venus à la terre. Ils font partie de ceux qu’on appelle les « hors cadre familiaux », ceux qui ne sont pas fils ou filles d’agriculteurs. Environ 30 % des installations, qu’elles soient aidées ou non, se réalisent en dehors du cadre familial. 10 % concernent des citadins.
Chaque année, en France, environ 3 000 d’entre eux concrétisent leur projet. Ils sont deux fois plus nombreux qu’il y a dix ans. « C’est devenu indispensable pour assurer le renouvellement des générations agricoles », souligne François Lefebvre de l’ASP (agence de service et de paiement). Les citadins sont donc les bienvenus.
Ces installations ne se font pas sans difficultés. Principal frein : trouver des terres. « Cette quête est plus difficile pour eux. Les propriétaires sont plus réticents à louer ou à vendre leurs terres à ce public, qu’ils ne connaissent pas », explique François Lefevbre.
Ils innovent
Pourtant, dix ans après leur installation, 90 % d’entre eux sont toujours agriculteurs ! Un taux de réussite qui n’a rien à envier aux exploitants plus « classiques ».
Ces « nouveaux agriculteurs » sont souvent plus engagés dans les filières de qualité, notamment l’agriculture biologique ; ils boudent les formes sociétaires, tout en faisant appel à plus de main-d’oeuvre et en privilégiant la vente directe.
Ils pèsent de plus en plus dans le paysage agricole. Aujourd’hui, les « nouveaux » sont environ 50 000 sur un total de 450 000 agriculteurs. En 2020, ils seront 100 000 sur… 350 000 agriculteurs encore en fonction.
D’où la nécessité de mieux les intégrer. Le syndicat Jeunes Agriculteurs a imaginé une réforme du parcours à l’installation permettant de bénéficier d’aides de l’État. L’enjeu : rendre plus facile l’entrée dans le métier à ce public de non-initiés.