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Michelin ferme une usine et supprime 1 093 postes
C'est officiel. Michelin retaille son outil de production français et dégonfle ses effectifs. La réorganisation enclenchée hier pourrait même, d'ici à trois ans, aboutir à la suppression de 2 900 postes dans les quatorze usines françaises. Soit par départs contraints, du fait de fermetures d'usine ou d'ateliers, soit par départs volontaires.
Le manufacturier de Clermont-Ferrand prévoit, aussi, de lancer, étalé sur trois ans,un plan de 1 800 départs volontaires.
Dans le même temps, le groupe annonce 500 embauches par an pendant trois ans. Qui ne compensent, évidemment, que très partiellement les départs.
En fait, Michelin articule deux plans en un. Le premier est immédiat et lié directement à la réorganisation industrielle. Il concerne 1 093 suppressions de postes. Sur ce total 495 seront traités par des mesures d'âge spécifiques.
Seclin qui pleure, Cholet qui sourit
Les 598 restants se verront proposer des mutations à l'intérieur du groupe. Pourquoi ce tour de vis ? Pour le leader mondial du pneu, il s'agit d'abord « d'améliorer sa compétitivité ». D'où le recentrage de la production sur les sites jugés les plus compétitifs, en accentuant leur spécialisation.
Mauvaise pioche pour Seclin dans le Nord. Dédiée au pneu haut de gamme, son activité est transférée sur un site proche de Clermont-Ferrand. En clair, on ferme et les 276 salariés sont invités à aller travailler en Auvergne.
Sale coup aussi pour l'usine de Joué-lès-Tours qui ferme son atelier de mélange de gommes, tout en conservant son label de spécialiste du pneu poids lourd technologique.
Mauvaise pioche encore pour Montceau-les-Mines qui perd son activité de production de pneus de voiture au profit d'un centre allemand. Mais, en contrepartie, Montceau renforce son activité de mélange de gomme et de pneus pour les engins de génie civil. Finalement, le seul vrai non-perdant sinon gagnant de cette rationalisation c'est Cholet.
Reconnu comme centre « fort compétitif », Cholet renforce sa spécialité du pneu camionnette et 4 x 4, en récupérant au passage une partie de la production réalisée en Allemagne et l'activité gomme de Montceau. Mais, apparemment, sans croissance de l'effectif (1 400 salariés). La direction se contente d'assurer qu'il n'y aura « pas de suppression d'emploi ».
Plus discrètement médiatisé _ et même pas du tout dans le communiqué officiel _ le second plan est bâti uniquement autour de départs volontaires. Il concerne cette fois tous les sites _ La Roche-sur-Yon, Vannes, Roanne, etc. _ et court sur trois ans. La direction s'est fixé un objectif de 1 800 départs.
Productivité et flexibilité
Pour autant, le nouveau plan social de Michelin n'est pas une surprise. À cause de la crise, bien sûr, qui plombe l'industrie automobile et ses concurrents directs : Continental, Goodyear, etc. Mais, crise ou pas, il faut se rappeler que Bibendum a toujours privilégié sans état d'âme la course à la productivité, au fil de réductions massives d'emplois sur son territoire français.
En fait, Michelin articule deux plans en un. Le premier est immédiat et lié directement à la réorganisation industrielle. Il concerne 1 093 suppressions de postes. Sur ce total 495 seront traités par des mesures d'âge spécifiques.
Seclin qui pleure, Cholet qui sourit
Les 598 restants se verront proposer des mutations à l'intérieur du groupe. Pourquoi ce tour de vis ? Pour le leader mondial du pneu, il s'agit d'abord « d'améliorer sa compétitivité ». D'où le recentrage de la production sur les sites jugés les plus compétitifs, en accentuant leur spécialisation.
Mauvaise pioche pour Seclin dans le Nord. Dédiée au pneu haut de gamme, son activité est transférée sur un site proche de Clermont-Ferrand. En clair, on ferme et les 276 salariés sont invités à aller travailler en Auvergne.
Sale coup aussi pour l'usine de Joué-lès-Tours qui ferme son atelier de mélange de gommes, tout en conservant son label de spécialiste du pneu poids lourd technologique.
Mauvaise pioche encore pour Montceau-les-Mines qui perd son activité de production de pneus de voiture au profit d'un centre allemand. Mais, en contrepartie, Montceau renforce son activité de mélange de gomme et de pneus pour les engins de génie civil. Finalement, le seul vrai non-perdant sinon gagnant de cette rationalisation c'est Cholet.
Reconnu comme centre « fort compétitif », Cholet renforce sa spécialité du pneu camionnette et 4 x 4, en récupérant au passage une partie de la production réalisée en Allemagne et l'activité gomme de Montceau. Mais, apparemment, sans croissance de l'effectif (1 400 salariés). La direction se contente d'assurer qu'il n'y aura « pas de suppression d'emploi ».
Plus discrètement médiatisé _ et même pas du tout dans le communiqué officiel _ le second plan est bâti uniquement autour de départs volontaires. Il concerne cette fois tous les sites _ La Roche-sur-Yon, Vannes, Roanne, etc. _ et court sur trois ans. La direction s'est fixé un objectif de 1 800 départs.
Productivité et flexibilité
Pour autant, le nouveau plan social de Michelin n'est pas une surprise. À cause de la crise, bien sûr, qui plombe l'industrie automobile et ses concurrents directs : Continental, Goodyear, etc. Mais, crise ou pas, il faut se rappeler que Bibendum a toujours privilégié sans état d'âme la course à la productivité, au fil de réductions massives d'emplois sur son territoire français.
Quitte, d'ailleurs, à provoquer de fortes turbulences politiques. Il y a dix ans, le manufacturier était même devenu le sy mbole d'une politique antisociale et des licenciements boursiers. Le groupe a, certes, assoupli ses rudesses sociales. Il n'empêche, il a maintenu fermement le cap de la productivité _ plus 10 % l'an _ et de la flexibilité. Ces deux composantes sont au coeur de son ADN.
Et de sa réussite ?
Paul BUREL, Ouest-France
jeudi 18 juin 2009
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