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Filière auto des Pays de la Loire : 10 000 emplois perdus en trois ans
Depuis le début de la crise en 2008, les constructeurs et équipementiers des Pays de la Loire souffrent. La CFDT s'en inquiète et crée un groupe de travail. Heureusement, l'innovation paye.
La filière automobile a encaissé de plein fouet la crise. Dans la région, elle compte 10 000 emplois en moins.
Archives Frédéric Girou
L'hécatombe. Depuis le début de la crise en 2008, la filière automobile a perdu, selon la CFDT, 10 000 emplois dans les Pays de la Loire. Des CDI licenciés et des intérimaires mis à la porte. Ce secteur, qui regroupe constructeurs et équipementiers, ne pèse plus « que » 40 000 emplois dans la région.
« Pas une entreprise du secteur qui n'ait subi des pertes d'emplois », se désole Michel Bourdinot, animateur du groupe automobile de la CFDT. Et le syndicaliste d'égrener la longue liste des plans de licenciements dont ces 500 emplois disparus chez l'équipementier suédois Trelleborg, à Nantes. « Après cette grosse artillerie, c'est maintenant au tour des petites entreprises, les sous-traitants. »
« Catastrophe sociale »
La CFDT, aidée par le conseil régional, a donc décidé de passer le secteur au contrôle technique. De l'analyser du châssis au moteur. Pour déceler « les projets innovants de certaines entreprises », réfléchir à des formations ou encore disséquer le fameux lean manufacturing, « une organisation du travail venue de Toyota, engendrant des pressions constantes pour les salariés ». Une vingtaine de sections syndicales, « représentant 12 000 emplois », vont donc riposter à « cette catastrophe sociale ». « Oui, ça en est bien une, même si elle n'a pas fait les gros titres ! »
Dans ce paysage grisâtre, certaines entreprises ont résisté. Comme Michelin à Cholet. Trente millions d'euros ont été investis sur le site cette année et près de cinq millions de pneus fabriqués par les 1 500 salariés. La crise, quelle crise ? « C'est vrai, on s'en sort bien, avoue le syndicaliste Laurent Garnier. À l'usine de La Roche-sur-Yon, ils souffrent. Les collègues vont subir du chômage partiel. Eux, ils fabriquent des pneus de camions. Nous, de 4x4 et de camping-cars. C'est plus porteur. »
À Valeo-Ecouflant, dans l'agglomération angevine, les 1 100 salariés remercient chaque jour l'innovation. « C'est bien grâce à elle que notre site se développe. On fabrique des produits haut de gamme pour Volvo, Toyota..., affirme Pascal Delhommeau. À côté de ça, le groupe a supprimé des milliers d'emplois. Les usines de Laval ou de La Suze-sur-Sarthe souffrent. »
Dans les ateliers sarthois d'Hutchinson, où l'on fabrique des joints d'étanchéité, on embauche. Des intérimaires, « la variable d'ajustement ». « Au moment fort de la crise, dit Emmanuel Boudron-Liger, on était descendus à 50 intérimaires. On est repartis à 300. En plus des 680 CDI. » Les carnets de commandes sont pleins jusqu'en 2014. « Après, ça va sérieusement se compliquer car nos fournisseurs veulent aller voir en Roumanie !»
« Pas une entreprise du secteur qui n'ait subi des pertes d'emplois », se désole Michel Bourdinot, animateur du groupe automobile de la CFDT. Et le syndicaliste d'égrener la longue liste des plans de licenciements dont ces 500 emplois disparus chez l'équipementier suédois Trelleborg, à Nantes. « Après cette grosse artillerie, c'est maintenant au tour des petites entreprises, les sous-traitants. »
« Catastrophe sociale »
La CFDT, aidée par le conseil régional, a donc décidé de passer le secteur au contrôle technique. De l'analyser du châssis au moteur. Pour déceler « les projets innovants de certaines entreprises », réfléchir à des formations ou encore disséquer le fameux lean manufacturing, « une organisation du travail venue de Toyota, engendrant des pressions constantes pour les salariés ». Une vingtaine de sections syndicales, « représentant 12 000 emplois », vont donc riposter à « cette catastrophe sociale ». « Oui, ça en est bien une, même si elle n'a pas fait les gros titres ! »
Dans ce paysage grisâtre, certaines entreprises ont résisté. Comme Michelin à Cholet. Trente millions d'euros ont été investis sur le site cette année et près de cinq millions de pneus fabriqués par les 1 500 salariés. La crise, quelle crise ? « C'est vrai, on s'en sort bien, avoue le syndicaliste Laurent Garnier. À l'usine de La Roche-sur-Yon, ils souffrent. Les collègues vont subir du chômage partiel. Eux, ils fabriquent des pneus de camions. Nous, de 4x4 et de camping-cars. C'est plus porteur. »
À Valeo-Ecouflant, dans l'agglomération angevine, les 1 100 salariés remercient chaque jour l'innovation. « C'est bien grâce à elle que notre site se développe. On fabrique des produits haut de gamme pour Volvo, Toyota..., affirme Pascal Delhommeau. À côté de ça, le groupe a supprimé des milliers d'emplois. Les usines de Laval ou de La Suze-sur-Sarthe souffrent. »
Dans les ateliers sarthois d'Hutchinson, où l'on fabrique des joints d'étanchéité, on embauche. Des intérimaires, « la variable d'ajustement ». « Au moment fort de la crise, dit Emmanuel Boudron-Liger, on était descendus à 50 intérimaires. On est repartis à 300. En plus des 680 CDI. » Les carnets de commandes sont pleins jusqu'en 2014. « Après, ça va sérieusement se compliquer car nos fournisseurs veulent aller voir en Roumanie !»
Jean-François MARTIN.
jeudi 08 décembre 2011
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