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Du RSA à l'entreprise, les portes s'entrouvrent
Et si les entreprises recrutaient des titulaires du RSA... C'est le projet du conseil général. Objectif : 600 emplois en CDI par an.
Il y a des places dans le secteur de la viande où 40 % des bouchers vont partir en retraite.
Entretien
Alain Robert, vice-président du conseil général du Pays de la Loire
Pourquoi placer les entreprises en tête de vos enjeux en matière d'insertion ?
L'avenir de l'insertion passe par l'emploi ordinaire. On ne peut aller plus loin avec les contrats aidés, 2 100 l'année prochaine, dans les collectivités ou les associations. Notre défi est de construire des partenariats avec les entreprises. Ce n'est facile. Les bénéficiaires du RSA ont été présentés, de façon inacceptable, comme oisifs, fraudeurs. Il faut reconstruire leur image, rassurer les entreprises, les encourager à être moins sélectives. Le département va jouer un rôle de facilitateur.
Concrètement ?
Nous avons rencontré la fédération des bouchers. La profession est confrontée à un problème de vieillissement. 40 % des bouchers vont partir en retraite. Nous montons une formation d'aide boucher. J'espère que le titre sera validé, et que 15 à 20 contrats CDI seront signés chaque année. Nous avons d'autres pistes : maçons finisseurs avec Vinci, monteurs réseaux électriques avec ERDF, sécurité aéroportuaire, agriculture où on manque de salariés... C'est un travail de niches : repérer les opportunités, actionner tous les leviers. Et être capable, en même temps, de régler des tas de problèmes individuels qui peuvent freiner le retour à l'emploi : déplacements, santé... On n'hésitera pas à acheter une bagnole dans une association d'insertion, ou trouver une place dans une crèche à horaires décalés.
Vos espoirs ?
250 emplois (par an) pour commencer. Puis atteindre les 600 recrutements. Les PME locales répondent favorablement. Dans l'ensemble, le patronat est réceptif. Ainsi Alstom, qui veut développer l'éolien marin, a été contacté par les collectivités. Le directeur des ressources humaines a dit d'accord, j'attends vos propositions.
Oui, mais le département compte 22 000 bénéficiaires du RSA...
Nous actionnons d'autres leviers. L'aide à l'immobilier des petites entreprises est conditionnée au recrutement de demandeurs d'emploi prioritaires, au chômage depuis plus d'un an, âgés de plus de 50 ans. Nous allons nous rapprocher de Pôle emploi dont on connaît les problèmes. Ses personnels sont submergés. Résultat, 10 000 bénéficiaires du RSA ne sont pas accompagnés comme ils devraient l'être. Autre cible : les travailleurs indépendants qui ont créé leur emploi, mais n'ont pas une activité suffisante pour en vivre. Une expérience a été menée à Saint-Nazaire et dans le Pays de Retz. Grâce au fonds social européen, nous allons faire appel à des partenaires plus spécialisés, qui apporteront leur expertise à ces indépendants.
Il restera toujours des personnes très éloignées de l'emploi...
Celles-là ont perdu contact avec le réel et relèvent de l'accompagnement social. Il faut d'abord régler les problèmes personnels, les insérer dans le quartier ou le tissu associatif, et puis leur proposer une place dans un chantier d'insertion et tester ainsi la possibilité d'aller plus loin. Mais nous n'avons pas de baguette magique.
Alain Robert, vice-président du conseil général du Pays de la Loire
Pourquoi placer les entreprises en tête de vos enjeux en matière d'insertion ?
L'avenir de l'insertion passe par l'emploi ordinaire. On ne peut aller plus loin avec les contrats aidés, 2 100 l'année prochaine, dans les collectivités ou les associations. Notre défi est de construire des partenariats avec les entreprises. Ce n'est facile. Les bénéficiaires du RSA ont été présentés, de façon inacceptable, comme oisifs, fraudeurs. Il faut reconstruire leur image, rassurer les entreprises, les encourager à être moins sélectives. Le département va jouer un rôle de facilitateur.
Concrètement ?
Nous avons rencontré la fédération des bouchers. La profession est confrontée à un problème de vieillissement. 40 % des bouchers vont partir en retraite. Nous montons une formation d'aide boucher. J'espère que le titre sera validé, et que 15 à 20 contrats CDI seront signés chaque année. Nous avons d'autres pistes : maçons finisseurs avec Vinci, monteurs réseaux électriques avec ERDF, sécurité aéroportuaire, agriculture où on manque de salariés... C'est un travail de niches : repérer les opportunités, actionner tous les leviers. Et être capable, en même temps, de régler des tas de problèmes individuels qui peuvent freiner le retour à l'emploi : déplacements, santé... On n'hésitera pas à acheter une bagnole dans une association d'insertion, ou trouver une place dans une crèche à horaires décalés.
Vos espoirs ?
250 emplois (par an) pour commencer. Puis atteindre les 600 recrutements. Les PME locales répondent favorablement. Dans l'ensemble, le patronat est réceptif. Ainsi Alstom, qui veut développer l'éolien marin, a été contacté par les collectivités. Le directeur des ressources humaines a dit d'accord, j'attends vos propositions.
Oui, mais le département compte 22 000 bénéficiaires du RSA...
Nous actionnons d'autres leviers. L'aide à l'immobilier des petites entreprises est conditionnée au recrutement de demandeurs d'emploi prioritaires, au chômage depuis plus d'un an, âgés de plus de 50 ans. Nous allons nous rapprocher de Pôle emploi dont on connaît les problèmes. Ses personnels sont submergés. Résultat, 10 000 bénéficiaires du RSA ne sont pas accompagnés comme ils devraient l'être. Autre cible : les travailleurs indépendants qui ont créé leur emploi, mais n'ont pas une activité suffisante pour en vivre. Une expérience a été menée à Saint-Nazaire et dans le Pays de Retz. Grâce au fonds social européen, nous allons faire appel à des partenaires plus spécialisés, qui apporteront leur expertise à ces indépendants.
Il restera toujours des personnes très éloignées de l'emploi...
Celles-là ont perdu contact avec le réel et relèvent de l'accompagnement social. Il faut d'abord régler les problèmes personnels, les insérer dans le quartier ou le tissu associatif, et puis leur proposer une place dans un chantier d'insertion et tester ainsi la possibilité d'aller plus loin. Mais nous n'avons pas de baguette magique.
Recueilli par Marc LE DUC.
jeudi 15 décembre 2011
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