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Stress au travail : syndicats et patronats entament des négociations

75 % des Français se disent stressés au travail


Des discussions pour moins stresser au travail

Syndicats et patronat se penchent sur le sujet à partir de ce matin. Ils doivent retranscrire en droit français un accord européen de 2004.

C'est quoi, le stress au travail ? C'est une cadence imposée, un chef autoritaire, humiliant, des horaires de travail saucissonnés, des « objectifs » éprouvants. Au nom de la productivité, l'efficacité, la rentabilité.

Parfois, les facteurs de stress s'accumulent ou s'intensifient. Le stress vire à la déprime. Parfois la déprime au suicide. Les exemples, ces derniers mois, se sont multipliés. Le sujet est sensible, presque tabou.


Du retard à rattraper



C'est donc inédit : syndicats et patronat entament ce matin des négociations sur ce sujet délicat du stress au travail.

Le but : transcrire en droit français un accord européen de 2004, qui insiste sur la prévention et les responsabilités de l'employeur. Le texte stipule que « si un problème de stress au travail est identifié, une action doit être entreprise pour le prévenir, l'éliminer ou le réduire ». Et, dit-il, « la responsabilité de déterminer les mesures appropriées incombe à l'employeur ». Dans ce domaine, la France espère rattraper son retard vis-à-vis d'autres pays européens, notamment ceux du Nord.

Les discussions s'inspireront du rapport Nasse-Légeron, remis le 12 mars au ministre du Travail. Xavier Bertrand avait alors annoncé qu'il reprendrait « toutes les propositions du rapport ». Qui stipule notamment de lancer, sous l'autorité de l'Insee, une enquête nationale sur le stress au travail. Début 2009, on devrait déjà pouvoir identifier « les secteurs et les branches où le stress est supérieur à la moyenne ».

« Tout dépendra de la volonté des employeurs », note la CFE-CGC. Car ces derniers sont souvent réticents à évoquer le thème du stress, qu'ils attribuent plus volontiers aux problèmes personnels des salariés qu'à l'organisation du travail.

Les partenaires sociaux devront se pencher sur les différentes pistes évoquées par le rapport. Comme celle d'une autopsie psychologique après un suicide au travail. Ou celle d'une expérimentation de la prévention dans les services publics. Une manière d'ouvrir la voie, en montrant l'exemple.


Source : Ouest-France


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