Dans les forums étudiants, nous rencontrons beaucoup de jeunes désorientés face à leur...
orientation. Parfois, ils disent leur anxiété à l'approche d'un choix qui semble engager leur vie. L'angoisse monte dans un contexte d'avenir incertain, alors que le jeune ne sait vers où se diriger.
L'échéance de la fin de l'année scolaire exerce alors une pression sur le jeune qui s'ajoute à la pression souvent exercée par les enseignants, les parents et la famille. Or, cette pression est nuisible à une démarche qui nécessite un espace de confiance sécurisant, propice à l'initiative, reconnaissant le droit à l'erreur, à la différence, au changement de cap. S'il est parfois nécessaire de « pousser » un jeune pour qu'il se mette en route, il est important de veiller à lâcher la pression, à laisser le lycéen respirer, cheminer à son rythme.
S'orienter est un cheminement difficile, entre rêves, talents et résultats. S'orienter, c'est faire se rejoindre une représentation d'un métier et une représentation de soi. Mais comment les jeunes peuvent-ils identifier les métiers et percevoir leurs réalités quand ils ont peu de contacts avec eux ? Quand ces métiers sont de plus en plus complexes ? Quand le rythme de leur mutation s'accélère ? Quand de nouveaux métiers apparaissent ? Quand certains métiers sont dévalorisés ou surestimés par leur entourage ? Combien de jeunes ont une vision exacte du métier de leurs parents ?
Et comment bâtir une juste représentation de soi, alors que la personnalité est en pleine construction ? Certains jeunes sont fragilisés par des échecs scolaires ou une instabilité familiale. Il arrive que le regard de l'entourage dévalorise ou survalorise les capacités d'un enfant.
S'orienter, c'est faire un choix, autonome et responsable. Un jeune en terminale a-t-il toujours la maturité et les moyens d'assumer un choix d'
orientation professionnelle ? Nous constatons que les étudiants se déterminent professionnellement, le plus souvent, à partir de leur deuxième année d'études supérieures. Fréquemment, à bac + 5, ils n'ont encore qu'une vague idée du métier qu'ils souhaitent exercer. Leur premier vrai choix professionnel sera alors peut-être d'accepter la première opportunité qui se présentera.
Par ailleurs, les jeunes, arrivant sur le marché du travail, exerceront probablement, au cours de leur vie professionnelle, dix emplois en moyenne et trois métiers différents, dont l'un n'existe peut-être pas encore. La société et le travail ont évolué, le processus d'orientation doit évoluer pareillement. L'essentiel n'est plus de déterminer un objectif professionnel, mais d'apprendre à devenir autonome dans cette démarche, afin de pouvoir conduire une
orientation professionnelle, tout au long de sa vie.
Il est donc nécessaire d'aider les jeunes à cheminer en libérant leur parole pour qu'ils puissent dessiner ou consolider leur projet professionnel. Trente universités de France l'ont bien compris en mettant en oeuvre, dès la première année de licence, un module intitulé « projet professionnel de l'étudiant ». Dans ce cheminement, les jeunes ont besoin de s'appuyer sur quelqu'un. Ils ont le droit de se tromper, de changer d'avis. En un mot, d'avancer pas à pas.
Parents, enseignants, éducateurs, nous devons inventer de nouvelles manières d'orienter, en cherchant en premier lieu à relâcher les pressions inutiles.
Source : Ouest-France
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