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Métier - maçon : Hélène Kergoat, chef de chantier

Témoignage


À 24 ans, elle travaille à la construction du centre de loisirs intercommunal des Petites Salles, près du stade de Moëlan.

Le casque posé sur un regard clair, le sourire charmant, Hélène Kergoat attaque sa journée. Elle dirige une équipe de six hommes pour lesquels qu'elle soit une femme, jeune de surcroît, « ne change rien. Elle est gentille et connaît son affaire. »

Le matin, Hélène Kergoat répartit le travail. Tout le monde s'attelle au décoffrage des banchés, voiles ou murs en béton armé, coulés la veille dans l'après-midi.

« Un banché est un coffrage métallique ferraillé dans lequel on coule du béton. Il offre une surface importante de prise au vent. Nous devons d'abord les stabiliser au moyen de plots avec un système d'accroche. » Auparavant, Hélène a dû lire les plans pour placer les fenêtres et calculer le nombre de toupies à réserver à la centrale à béton.

Les murs de la façade seront en béton lasuré, recouverts de vernis coloré. Une technique particulière, « assez carrée. Le béton doit être nickel sans aucune bulle. On a fait des essais. Ils étaient concluants. » Les banchés terminés, l'équipe réalisera le dallage.


Embauchée comme manoeuvre

C'est en venant régulièrement sur le chantier de construction de la maison familiale qu'Hélène Kergoat alors âgée de 17 ans, a rencontré le conducteur de travaux. « J'étais en 1re S à Kerneuzec. Je ne savais pas trop quoi faire comme études. Je me suis intéressée à son travail. Son métier lui plaisait, ça se voyait. Alors, je me suis dit pourquoi pas moi. » La jeune fille passe un bac en génie civil à Saint-Brieuc, puis elle entre en BTS. « Ça m'a plu et ça a bien marché. »

Son diplôme en poche, elle envoie des CV. « Je voulais être sur le terrain et travailler. » Patrick Armand, patron de la société SCEG de Caudan qui compte 70 employés, la reçoit. « C'est au pied du mur qu'on voit le maçon », lui dit-il d'emblée.

« Tout le monde dans l'entreprise doit savoir tout faire. J'ai embauché Hélène comme manoeuvre. Puis, elle est passée par tous les postes de maçonnerie. Elle est courageuse et compétente. Elle s'est très bien tirée d'un chantier difficile à Quiberon. Cette fois-ci, elle est chez elle. Le chantier est technique. Elle s'en sort très bien. Je suis très content de son travail. »


« On se partage les tâches pénibles »

Hélène a appris sur le tas, « là où je pouvais donner un coup de main ». Avec les ouvriers qu'elle dirige dorénavant. « Ils me connaissent, ils m'ont vu démarrer, évoluer. Ils m'ont appris le métier. Ils en tirent une certaine fierté. » Même chef de chantier, Hélène continue à partager leur travail.

« Cela m'arrive de nettoyer. Il ne faut pas que ce soit toujours les mêmes qui s'acquittent des tâches les plus pénibles. On se les partage. Comme on n'est pas là pour se casser le dos, la grue doit être utilisée au maximum. J'aime que nos journées se passent dans la bonne humeur. Même si on travaille beaucoup par tous les temps, froid, pluie, vent. Mais, quand il fait beau c'est agréable. Je ne sais pas si je me plairais dans un bureau. »

Le chantier doit se poursuivre jusqu'à la mi-juin. Puis, la jeune femme sera envoyée sur une autre construction. Les week-ends, Hélène Kergoat les choisit paisibles. « Je pratique le canoë, je vais marcher sur la côte. Il faut du repos après des semaines bien chargées. »


Source : Ouest-France


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