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La chimie recrute, les jeunes la boudent

Métiers risqués, mais bien payés


Engrais, pétrole, cosmétiques, pharmacie : lourde ou fine, la chimie recrute localement. A Saint-Nazaire, le lycée Heinleix a pourtant du mal à faire le plein.

« Notre problème, c'est le recrutement des élèves. On a eu beaucoup d'investissements pour le matériel de la part de la Région, les entreprises nous soutiennent aussi. » Patrice Rouaud, l'un des professeurs de la filière chimie du lycée Heinleix de Saint-Nazaire, fait visiter les ateliers aux Conseillers d'orientation psychologues (Cop) du département.

Une bonne quarantaine d'entre eux, en poste dans l'un des cinq Centres d'information et d'orientation (CIO) de Loire-Atlantique, sont venus découvrir une filière méconnue, qui débouche pourtant sur des emplois locaux. Heinleix est le seul établissement public de l'académie à offrir le cursus BEP, Bac Pro dans l'industrie des procédés. Tout à côté, l'IUT local propose deux DUT dans le domaine : Génie chimique et Génie des procédés. Les Cop l'ont aussi visité.


Métier risqué, mais bien payé

La raffinerie Total, le fabricant mondial d'engrais Yara que les Cop ont arpenté à Montoir-de-Bretagne ; Cargill, le roi des huiles de tournesol, les cosmétiques Yves-Rocher, le spécialiste de l'imagerie médicale Guerbet... Tous sont basés en Bretagne ou dans les Pays de la Loire et recherchent avec constance des opérateurs. « On a une entreprise pharmaceutique qui vient, cet après-midi, recruter cinq de nos élèves pour des CDI, se réjouit Patrice Rouaud. Sur les 300 opérateurs qu'emploie la raffinerie Total à Donges, 180 ont été formés à Saint-Nazaire. » Et le nombre de petites annonces ne faiblit pas !

Et pourtant, les jeunes ne pensent pas spontanément à ces métiers « qui demandent une bonne capacité de compréhension de la part des élèves. Les métiers de la chimie sont des métiers à risques. » Mais plutôt bien payés : 1 600 € en début de carrière pour un opérateur qui travaillera de nuit, mais aussi les week-ends.

« Les évolutions sont possibles, elles se font au sein de l'entreprise en fonction de la motivation du salarié. »

Des éléments que les Cop de Loire-Atlantique se doivent de retenir pour bien informer les élèves en quête d'avenir professionnel. « Même des jeunes qui ont commencé une filière généraliste. Dans ce cas, on leur fait intégrer la seconde année de BEP avant d'entrer en Bac Pro. Ils ont besoin d'apprendre plusieurs procédés différents », conclut Patrice Rouaud.


Isabelle GUILLERMIC, Ouest-France


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