Après des vagues de délocalisation, la confection française reprend le dessus. Les vêtements « made in France »
sont appréciés pour leur qualité. Pourtant l'industrie textile peine à recruter.
« Ma mère était dans la confection, raconte
Christelle Veron, moi aussi j’aime
bien coudre. Le plaisir de créer ! » Dès la
fin de la 3e, la jeune fille s’oriente vers un
CAP, puis un BEP et un bac pro métiers
de la mode et industries au lycée de Laval.
Diplômes en poche, elle trouve aussitôt un
travail. « Pour quelques années, car j’ai
essuyé un licenciement économique. »
Petit accident de parcours. La jeune
femme n’a aucun mal à entrer chez Maille
Création, à Port-Brillet, à 15 km de Laval.
Cette usine a été reprise par 25 salariés
qui la gèrent sous le statut de coopérative
ouvrière de production. Aujourd’hui, elle
compte 85 salariés et travaille pour de
prestigieuses maisons de couture.
« À partir d’un croquis, notre styliste
coupe des patronages, explique Christelle.
Il me donne les pièces et la fiche
technique sur laquelle on note les opérations
de montage. » Au fil de son expérience,
Christelle est devenue responsable
d’un groupe collection.
Maille Création est spécialisée dans le
remaillage. Les pièces sont tricotées sur
place. Certaines même à la main. Ce travail
de remaillage demande précision et
minutie. « Quand on ajoute une bande à
une encolure ou une emmanchure, il n’y
a pas de coutures apparentes. On travaille
dans le luxe ! »
Christelle est opératrice textile. « Je ne
suis pas sur un poste particulier. J’assemble
des pièces, je couds à la machine,
je pose des boutons, fais des boutonnières
ou des ourlets. Je dois savoir
exécuter différentes tâches. » Ces compétences,
Christelle les a acquises au
bout de plusieurs années. « Au début, j’étais
derrière une machine. Dans ce
genre de métier, on peut monter dans la
hiérarchie si on a des aptitudes et si on
veut bien animer une équipe. »
La jeune femme est fière de son entreprise.
Actuellement, des modèles de la
collection automne 2008 sont assemblés
chez Maille Création. Il y a de gros lainages
colorés en mohair et polyamide aux
couleurs chaudes. « On fait des prototypes
et quelques dizaines de modèles
pour les magazines spécialisés.
Ensuite,
c’est au tour des exemplaires pour
les mannequins. » Même si la jeune
femme reconnaît qu’il faut parfois mettre
un bon coup de collier, en période de collections,
elle ne cache pas sa satisfaction
de voir les vêtements qu’elle a en partie
réalisés sur les épaules de mannequins
célèbres ou de personnalités en vue.
« Dernièrement, on a vu à la télé la chanteuse
Rihanna avec un pull fait ici. »
Jean-Jacques REBOURS, Ouest-France
Durée des études :
Après un CAP et un
BEP, passer un bac
pro métiers de la mode
et des industries connexes
ou artisanat et
métiers d'art
Coût des études :
Gratuit en lycée public.
De 350 € à 500 € pour
un bac pro en lycée
privé. En apprentissage,
la formation est rémunérée
autour de 500 €
par mois.
Salaires :
De 1 000 € à 1 200 €
net par mois au départ.
De 1 700 € à 2 000 €
au bout de quelques années,
suivant les entreprises.
Embauches :
La profession manque
d'ouvriers spécialisés.
Entre 300 et 400 places
d'opérateurs et d'opératrices
sont disponibles
par an. Accès aux postes
en interne ou après une
formation spécialisée.
Localisation :
Les emplois sont en
Vendée, en Mayenne et
en Poitou-Charentes.
Au total, quelque
10 000 salariés travaillent
dans ce secteur
dans le grand Ouest.
Profil :
Avoir une bonne connaissance
du métier, de
ses techniques et des
différents matériaux.
Être polyvalent, avoir le
souci du travail bien fait,
de la dextérité.
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