Pour ce Brestois, devenir gendarme était un rêve d’enfant. Même si le métier a ses contraintes,
le militaire ne regrette pas d’avoir revêtu l’uniforme bleu. Les missions sont variées.
Sur les murs du petit bureau qu’il partage
avec un collègue, Laurent Hamon, gendarme
à la brigade de Plérin (Côtes-d’Armor),
révèle une part de sa personnalité.
À sa gauche, il a punaisé au mur un grand
drapeau tricolore. « Je l’avais acheté lors
de la dernière Coupe du monde de football.
» Le jeune homme ne l’a pas brandi
jusqu’à la finale.
À sa droite, un autre petit
drapeau bleu, blanc, rouge. « Celui-là, je
l’ai ramassé dans la rue. Il s’était décroché
d’une guirlande. Je n’ai pu le jeter
car c’est un symbole de la République. »
Sérieux, et respectueux des valeurs, le
gendarme Hamon !
Laurent ne manque pas d’humour pour
autant. Deux affiches de cinéma recouvrent
également sa partie de bureau : l’une
du film Taxi 3 avec un « radar » ancien modèle,
l’autre de The Usual suspects, un policier
à suspense. Quelques fanions et objets
souvenir de cinq ans passés en gendarmerie
mobile complète le décor.
« Je suis entré dans la gendarmerie à
24 ans, raconte Laurent, après une licence
d’administration publique et un
Deug d’anglais. Je voulais un métier en
rapport avec les règles et l’administration.
En fait, depuis l’âge de 13 ans, je rêvais
d’être gendarme ou policier. »
Dix
ans plus tard, Laurent ne regrette rien.
Même si le port de l’uniforme génère de
fortes contraintes, « Je fais un métier passionnant
et varié. J’aime ce côté polyvalent
qui me permet de mener des enquêtes
judiciaires, de faire de la police
de la route, de l’accueil du public… »
Dans une semaine type à la brigade de
Plérin, il y a un tour de « premiers à marcher
». « On est de garde de 8 h à 8 h le
lendemain matin. Y compris la nuit,
quand on fait des rondes ou s’il faut
intervenir. On doit être disponible à n’importe
quelle heure ! »
Le reste du temps, Laurent suit une
douzaine de dossiers : vol, piraterie sur
Internet, accidents… Une journée se termine
généralement à 19 h. « Dans ce métier,
on rencontre un tas de gens différents
: SDF, commerçants, chefs d’entreprise,
même des ministres… Un gendarme
doit avoir le sens du contact et du
service public. »
Il doit aussi faire preuve
d’une grande disponibilité. « On ne
compte pas nos heures. Et elles ne sont
pas récupérables. Plus qu’une vocation,
être gendarme c’est un sacerdoce. »
La profession a ses avantages : « On
peut changer de région et de spécialité.
On peut être motard, plongeur, maîtrechien…
Vivre en caserne ou en brigade.
» Pas de place pour la routine et
l’ennui.
Jean-Jacques REBOURS, Ouest-France
Durée des études
Pour devenir sous-officier
: à l’issue des sélections,
formation de
10 mois (dont 1 mois en
unité) dans une école
de gendarmerie. Recrutement
des officiers sur
concours avec un diplôme
à bac + 4.
Coût des études
Dans les écoles de gendarmerie
du Mans, de
Châteaulin, Libourne,
Chatellerault, Montluçon
et Chaumont, les
études sont gratuites et
rémunérées. L’élève gagne
1 350 € net par
mois.
Salaires
par mois. Au bout de dix
ans : 2 000 €. Logement
de service gratuit.
Salaires des officiers :
2 650 € au départ (lieutenant),
2 900 € (capitaine).
Embauches
10 100 postes en 2008 :
35 officiers, 3 000 gendarmes,
6 500 gendarmes
adjoints, 550 gendarmes
dans le corps
de soutien technique et
administratif (secrétariat,
restauration, mécanique…).
Localisation
Les gendarmes exercent
en métropole
comme dans les Dom-
Tom, généralement
dans les villes de moins
de 20 000 habitants.
129 escadrons de gendarmerie
mobile stationnent
sur le territoire.
Profil
Etre disponible, au service
des autres. Avoir du
sang-froid, le sens du
contact humain. Aimer
les responsabilités, la
vie en collectivité, le travail
en équipe.
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