Pas de diplôme, un CV qui accumule les petits boulots d'aide-ménagère
et de secrétariat. Les projets de Sylvie Oger passent par un retour à l'école.
« Tout a changé. Aujourd'hui je vois la vie différemment. J'ai beaucoup de projets. » Sylvie Oger, 42 ans, la bonne humeur chevillée au corps, est fière de son exploit. Elle vient de décrocher le concours d'aide-soignante en rentrera en septembre pour 10 mois de formation à l'école de Deauville.
Un concours impossible
Sortie du collège en 5e, elle a pendant de longues années enchaînées les petits boulots, sans trouver la stabilité d'un travail en contrat à durée déterminée. Volontaire, elle n'a pourtant jamais baissé les bras devant les difficultés, mais très peu sûre d'elle, elle a « tendance à toujours me dévaloriser, à m'effacer ». Sylvie aime s'occuper des personnes à domicile, ses quelques expériences d'aide-ménagère lui ont beaucoup plu. Pourtant de là à trouver un travail, il y a un monde. « On me demandait d'être diplômée. Passer le concours d'aide-soignante me paraissait impossible. »
En 2004, histoire de donner corps à cette idée, elle décide de retourner sur les bancs du collège pour passer son BEPC - le sésame indispensable pour s'inscrire à tout concours de niveau V. Puis la vie reprend le dessus avec ses préoccupations, ses joies et ses malheurs. Sylvie, une fois de plus, met ses envies entre parenthèses.
Je suis forte
Quand, il y a un an, elle décide de rebondir sur ce projet de travailler dans le service à la personne. Stéphane Aubert, son conseiller emploi, qui assure le suivi des Rmistes, sent tout de suite que c'est le bon moment, qu'elle peut aller jusqu'au bout, à condition « d'être boostée et de ne pas la lâcher ».
Décidée à passer le concours d'aide-soignante, Stéphane Aubert va l'accompagner. « J'étais stressée, j'avais peur de ne pas y arriver. J'avais un blanc en biologie. C'était dur, j'étais terrorisée par le concours... mais il ne m'a jamais laissé douter de moi. » Son conseiller lui propose le stage Stamina de reprise de confiance en soi : « Ça été spectaculaire, au bout de six semaines, je n'étais plus la même. Je savais que j'allais y arriver. »
Bien dans ses baskets, Sylvie Oger ne regrette pas ses galères, mais voit l'avenir avec sérénité : « Aujourd'hui, je sais où je vais. Je sais que j'aurai mon diplôme et qu'ensuite je vais créer ma petite entreprise de service à la personne. Je n'ai pas de doute, je vais y arriver. Maintenant je suis forte. »
Anne BLANCHARD-LAIZÉ, Ouest-France
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