C'est la première fois qu'une entreprise privée rémunère un étudiant chercheur pour ses connaissances. Une mission qu'assurera Alexis Quentin du haut de ses 23 ans.
L'intitulé de la mission dévolue à Alexis Quentin n'est pas banal : « Évaluation des effets de bombardements ioniques sur des dépôts métalliques d'épaisseur nanométrique ». Ouf ! Cette mission sera menée au sein de Quertech ingénierie, une société caennaise spécialisée dans la nanotechnologie. Mais encore ? « Je ne peux pas en dire plus car j'ai une clause de confidentialité dans mon contrat », s'excuse le premier doctorant conseil de l'université de Caen, qui vient de prendre 23 ans.
Et doctorant-conseil, c'est quoi ? « C'est la rencontre du doctorant avec le monde de l'entreprise à travers une mission. » Concrètement, le doctorant, c'est-à-dire un thésard comme le jeune Cherbourgeois, s'engage contre rémunération à accomplir une mission de 32 jours en un an pour une entreprise privée. Alexis est le premier à tester ce système encouragé par l'université (lire ci-dessous). Une activité qui s'ajoute à sa thèse, son travail de recherche en laboratoire et sa formation au sein d'une école doctorale.
Quel intérêt pour ce jeune homme déjà débordé ? Pas forcément le salaire. « Je toucherai 300 € par mois pendant un an mais, du coup, cela me supprime mon revenu de thésard qui est du même montant. Donc je ne gagne rien. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de découvrir le monde de l'entreprise. »
Quertech ingénierie, Alexis y est déjà passé plusieurs fois pour préparer sa mission qui va commencer dans quelques jours. Une entreprise pas tout à fait inconnue pour lui : le laboratoire où il réalise ses travaux de recherche collabore déjà avec cette société. « On touche au même univers. D'autres docteurs-ingénieurs y travaillent déjà. On m'y considère plus comme un collaborateur que comme un petit étudiant. » Alexis Quentin voit surtout un avantage personnel à cette mission : « Ça peut m'aider à choisir ma voie, entre le public et le privé, et à acquérir de nouvelles compétences. »
Virginie PACAUD, Ouest-France
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