Formation et handicap : témoignage
« À 17 ans, en six mois, j'ai perdu la vue »
Il y a sept ans, Guillaume Tertre, 24 ans, est devenu aveugle en six mois. Aujourd'hui, sûr de lui, il prépare un BTS assistant de direction.
« J'avais 17 ans. C'était en 2001. Pendant les vacances d'été j'ai passé une visite médicale pour un boulot saisonnier. C'est là qu'on a remarqué pour la première fois que ma vue baissait. ». Jusque-là, Guillaume Tertre avait 10 dixièmes à chaque oeil. « En l'espace de six mois, ma vue a disparu. J'en suis à un quarantième, je vois juste les contrastes. À la limite de la canne blanche. » La faute à une maladie génétique rare, « la maladie de Leber », une dégénérescence du nerf optique.
« Des CV sans réponses »
Du jour au lendemain, la vie de Guillaume va changer. Lui qui entrait en seconde STI (sciences et technique industrielle), et qui se passionnait pour le DAO, le dessin assisté par ordinateur, a dû changer ses plans.
Au centre d'insertion des déficients visuels de Plénée-Jugon, il a appris le braille, mais aussi à maîtriser un ordinateur à synthèse vocale, qui lui permet aussi d'agrandir des zones de l'écran. « Pour le reste, j'ai appris à repérer les obstacles aux sons, et aussi à mémoriser les lieux. Au début, c'était « qu'est que j'ai fait pour être comme ça... » Mais après une phase de résignation, j'ai repris pied. » De l'usinage, Sébastien s'est réorienté vers le secrétariat, BEP puis bac professionnel.
Aujourd'hui Guillaume Tertre prépare un BTS assistant de direction au lycée Rabelais à Saint-Brieuc. En classe, il bénéficie du soutien d'une auxiliaire de vie scolaire. « Et si mes notes me le permettent, j'espère bien passer en licence professionnelle l'an prochain. »
Comment les entreprises réagissent-elles lorsque Guillaume arrive en stage ? « Je n'ai pas obligation d'indiquer dans mon curriculum vite que je suis déficient visuel. Mais bien sûr je l'indique. Et cela me vaut beaucoup de demandes sans réponses.... Mais j'en étonne plus d'un quand je montre qu'avec mon propre matériel, mes ordinateurs et un agrandisseur, je fais le même travail que les autres. Et puis j'essaie de m'intégrer au mieux dans les équipes. Et ça, c'est un plus pour l'entreprise. »
Guillaume a raconté son histoire hier à a journée d'information et de sensibilisation pour l'intégration des handicapés a eu lieu hier, au lycée Ker Siam à Dinan.
Source : Ouest-France