Les départs en retraite vont sérieusement s'accélérer dans les années qui viennent en pays de Fougères. D'où un gros besoin de main-d'oeuvre attendu. Mais pas n'importe laquelle...
« Aujourd'hui, en pays de Fougères, un emploi sur six est occupé par un senior (50 ans et plus) » constate l'Observatoire du pays de Fougères qui vient de publier une précieuse étude sur les besoins en main-d'oeuvre dans les 15 années à venir (1). Ces besoins seront donc importants car la génération « baby-boom » (nés entre 1945 et 1970) va bientôt et progressivement partir en retraite et donc libérer des emplois sur le territoire local. « Un tiers des effectifs partiront à la retraite d'ici 15 ans précise l'étude. Et ces départs s'accéléreront surtout entre 2017 et 2022 », autrement dit dans neuf ans. De quoi donner de l'espoir aux jeunes générations qui vont bientôt entrer sur le marché du travail...
Ce constat étant fait, la question est de savoir de quelle main-d'oeuvre on aura besoin localement. Pour ce faire, l'analyse des 303 recrutements programmés en 2008 donne déjà une bonne indication de la tendance.
Première observation (qui d'ailleurs est conforme au profil de l'emploi du pays de Fougères, à savoir peu qualifié) : pour 75 % des postes à pourvoir, les employeurs recherchent des ouvriers qualifiés ou des employés. A contrario, les postes de techniciens/agents de maîtrise ainsi que d'ingénieurs et cadres restent à la marge.
Deuxième observation, les métiers recherchés sont essentiellement des conducteurs de transport de marchandises (réseau routier), des employés polyvalents de restauration ; des agents de nettoyage de locaux et de surfaces ; des opérateurs de transformation de viande ; des interconnecteurs en électronique et, enfin, des agents de découpage de métaux. Ces métiers représentant 60 % de la demande. Dit autrement, les deux grands secteurs d'activités recherchés sont d'une part celui de « la fabrication, production, chantier » et, d'autre part, le « transport, logistique, magasinage et stockage ».
Pénurie récurrente
Troisième observation qui conforte les premières et donne une indication sur les emplois porteurs de demain : les secteurs où les employeurs ont du mal à recruter, faute de main-d'oeuvre suffisante. « La pénurie touche majoritairement l'agroalimentaire, la métallurgie, le BTP et les transports » pointe l'étude. Pénurie due, ce n'est pas nouveau, à un déficit d'image qui touche ces métiers manuels et autres emplois industriels.
Pour faire face à la problématique du recrutement, d'autant plus essentielle à l'amorce de cette vague annoncée de départs, la Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) s'avère indispensable. « La GPEC, désormais obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés, commence à être envisagée dans les plus petits établissements et les territoires » note le président du Pays Claude Duval.
Près de 75 % des entreprises interrogées par l'Observatoire ont déclaré avoir pris des initiatives en la matière. Ces dernières portent sur trois axes :
1. La mise en relation des compétences existantes et des besoins de l'entreprise.
2. La mise à niveau des compétences des salariés (par la formation ou le recrutement).
3. L'organisation garantissant le maintien des compétences. « Toutefois les plus courantes restent la mise en oeuvre de plans de formation pour les salariés ainsi que le « tuilage » sur les postes stratégiques lors des remplacements ».
J.-L. G, Ouest-France
(1) « Anticipation des besoins en main-d'oeuvre », Observatoire du Pays de Fougères, 36, rue de Nantes, tél. 02 99 99 10 56, observatoire@pays-fougeres.org
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