Celles de moins de vingt salariés devraient assurer les deux tiers des intentions de recrutement. Dans de nombreux cas, il s'agit de remplacer des départs à la retraite.
Des emplois à prendre. Pour la seconde année consécutive, le nombre d'embauches projetées par le 1,5 million d'entreprises affiliées à l'assurance chômage est en hausse. De 6,1 % exactement, contre 2,4 % en 2007. Près de 1,3 million de recrutements est prévu. Soit 74 900 de plus que l'an dernier.
Les petites embauchent. Les entreprises de moins de vingt salariés devraient réaliser les deux tiers des embauches. Cela s'améliore pour les plus grandes : l'indicateur progresse de quatre points chez les plus de vingt salariés.
Le poids des retraites. Les bons chiffres de l'Unedic tombent au moment où l'économie mondiale patine et où, conséquence logique, la croissance française ralentit. C'est paradoxal mais explicable : les nombreux départs à la retraite des baby-boomers pèsent lourd. Toutes les embauches annoncées ne sont pas des créations nettes d'emplois. Quatre sur dix correspondent à des salariés qui changent de poste au sein de la même entreprise, souvent pour prendre la place d'un retraité.
Trois sur dix correspondent à un changement d'entreprise mais pas de métier. La réalité tord le coup au fantasme, un temps très à la mode, d'une carrière émaillée de professions diverses. Le salarié d'aujourd'hui - et encore plus de demain - connaîtra, le plus souvent, plusieurs entreprises et plusieurs régions, rarement plusieurs spécialités. Finalement, deux embauches sur dix seulement devraient profiter à des personnes sans emploi, notamment des chômeurs. Une sur dix permettra à un jeune de décrocher son premier emploi.
Le recul des saisonniers. Les intentions d'embauches saisonnières reculent de 3,3 points par rapport à 2007, à 25 % contre 28,3 % en 2007. Elles se concentrent dans quelques secteurs comme l'agroalimentaire, le nettoyage, le gardiennage et, surtout, l'hôtellerie-restauration où le pourcentage grimpe à 60 %. Évidemment, le littoral, notamment dans les Pays de la Loire et la Bretagne, est un gros pourvoyeur d'emplois saisonniers. Le nombre d'embauches de ce type y concerne plus de la moitié du total des recrutements envisagés.
Le tertiaire en premier. Six intentions d'embauche sur dix, soit plus de 774 000, concernent les prestataires de services (+ 41 300 par rapport à 2007). Tourisme, centres d'appel, comptabilité, employés de maison, cuisiniers... Dans l'industrie (fabrication), qui continue pourtant à détruire des emplois depuis six ans en solde net, le redémarrage des recrutements « s'amplifie » (+ 15 800), notamment dans la métallurgie, pour atteindre un total de 123 000. Mais c'est là que sont programmés de nombreux départs à la retraite. Dans la construction, la reprise des intentions d'embauches constatée en 2007 s'infléchit fortement : + 3000 cette année, soit 164 000 au total, au lieu de + 25 700 l'an dernier.
Hervé BABONNEAU, Ouest-France
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Ces métiers qui cherchent des oiseaux rares
Parmi les métiers les plus prometteurs en embauches, ceux qui arrivent en tête offrent des emplois plutôt peu qualifiés, avec plus de saisonniers que la moyenne.
Serveurs, agents d'entretien, animateurs socioculturels (huit sur dix en contrat saisonnier), caissières, employés de maison... La liste (voir l'infographie) ne varie guère d'une année sur l'autre et l'on attend toujours l'émergence de ces nouveaux métiers qui devaient révolutionner le paysage de l'emploi.
Cette liste des meilleurs recruteurs recoupe en partie celle des secteurs qui s'attendent aux plus grandes difficultés pour pourvoir leurs offres. Globalement, pour la première fois, plus de la moitié des recrutements sont jugés difficiles par les employeurs. Avec une hausse de cinq points en un an. Résultat : environ 664 000 embauches sont qualifiées de « problématiques » par les employeurs, cette année.
C'est toujours la construction qui peine le plus. Les trois quarts des embauches y sont donc problématiques. Le pompon revient aux maçons qualifiés, « impossibles à recruter dans 115 bassins d'emploi sur 371 », selon l'Unedic. Les grosses entreprises ne sont plus épargnées bien qu'elles aient une meilleure visibilité du marché et disposent de structures de ressources humaines.
Difficultés également pour les entreprises de transport, prêtes à embaucher 5 400 salariés de plus que l'an dernier. Mais, dans 56 % des cas, elles prévoient des difficultés pour trouver des candidats. C'est sept points de plus qu'en 2007, quatorze points de plus qu'en 2006 ! Avec une pointe à 74 % chez les conducteurs routiers et grands routiers.
Pas facile, non plus, de trouver des aides-soignantes et des infirmières. 60 % des recrutements y sont difficiles. Dans le commerce, ce pourcentage est à 43 %, avec une progression des intentions d'embauches dans le commerce de détail (+ 10 500 projets) mais aussi dans les grandes surfaces alimentaires (+ 3 900).
Source : Ouest-France
L'enquête BMO (besoins en main-d'oeuvre) de l'Unedic a été réalisée en novembre 2007 dans les vingt-six Assedic de métropole et les quatre des départements d'Outre-mer, avec le concours du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Credoc). Plus de 355 000 du 1,5 million d'entreprises affiliées à l'assurance chômage y ont répondu.
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