Elle intervient auprès des enfants pendant leurs congés ou sur le temps scolaire. L’animatrice socioculturelle éveille leur sensibilité et leur intelligence. Elle doit aussi faire preuve de patience et d’ingéniosité.
Ce mercredi après-midi, la jolie petite salle
de cinéma de Plouguenast, 1 800 habitants,
accueille une trentaine d’enfants et
quelques adultes. On n’y projette pas le
dernier Walt Disney ou la comédie Bienvenue
chez les Ch’tis, mais L’histoire du
chameau qui pleure, un film germanomongol,
« Ours d’or » de Berlin en 2004.
Quatre-vingt-dix minutes d’un film qui
montre la vie des Mongols sous la yourte
dans le désert de Gobi. Ni effets spéciaux
ni cascades. Malgré quelques longs
plans, les enfants apprécient. « Pourquoi
se retrouve-t-on dans une salle obscure
?, interroge Flora-Louise Cellier, animatrice
socioculturelle spécialisée dans
le cinéma. Parce qu’il y a quelque chose
de magique ! »
Projeté dans le cadre de Terres
d’ailleurs et d’ici, le 1er festival de cinéma
sur le monde rural, Le chameau qui pleure
se poursuit par un loto musical cinématographique.
Flora-Louise a réussi à attirer
une douzaine d’enfants pour plus d’une
heure d’activités. Après avoir remis des
images et photos de films, elle leur fait
écouter des extraits de longs métrages.
Le jeu consiste à associer images et sons.
« Il y a très peu d’images de films
connus, confie l’animatrice, une image
n’est pas en adéquation avec le son.
C’est l’essence même du cinéma ! »
Avec des mots simples et précis, la jeune
femme éveille l’imagination des enfants,
aiguise leur sens critique, leur apprend à
analyser et à isoler un indice. Carte du
monde à l’appui pour situer les pays des
réalisateurs ou ceux dans lesquels les
films ont été tournés. Ici en Inde, là au pôle
Nord, en Espagne, Roumanie… « Tout en
étant à Plouguenast, on voyage beaucoup
», constate la jeune femme face à
des gamins rêveurs.
Après des études de philosophie, Flora-
Louise a opté pour l’animation. Passionnée
de littérature et de cinéma, elle a
trouvé un poste à l’Ufev (Union française
du film pour les enfants et la jeunesse). Il
existe une antenne à Gonesse (Val
d’Oise), une autre à Saint-Brieuc (Côtes d’Armor).
« En plus de cette forme d’animation,
j’interviens dans les centres sociaux,
les maisons de jeunes (MJC) et
aussi en milieu scolaire dans le cadre
d’école, de collège et de lycée au cinéma.
»
L’animatrice socioculturelle sait qu’on
pense davantage aux loisirs qu’à la culture.
« Et pourtant, un bon film, comme
un bon livre, éveille l’imaginaire. Tout
n’est pas donné d’avance ! Une oeuvre
d’art, ça s’accompagne. »
Jean-Jacques REBOURS, Ouest-France
Durée des études
Plusieurs diplômes de
Jeunesse et sports permettent
d’accéder aux
fonctions d’animateur :
le BP Jeps (niveau bac),
le DE Jeps (bac + 2) qui
remplace le Defa, le
DES Jeps (bac + 3).
Coût des études
En IUT : 169 € par an.
À Léo Lagrange, 350 €.
Une formation BP Jeps
peut atteindre jusqu’à
4 000 € ; un DE Jeps
jusqu’à 5 000 €. Aides
possibles.
Salaires
Au départ : 1 320 € net
par mois à 1 450 €. En
fin de carrière : 2 200 €
à 2 600 €. Un directeur
d’établissement responsable
de secteur et coordinateur
touche entre
2 500 € et 3 000 €.
Embauches
Environ 2 000 emplois
d’animateurs socioculturels
se dégagent
chaque année en
France.
Localisation
On recrute dans les
foyers de jeunes travailleurs,
maisons de
quartier et de retraite,
centres sociaux, de loisirs,
clubs de personnes
âgées, hôpitaux
psychiatriques...
Profil
Avoir le goût du contact.
Savoir prendre des initiatives,
avoir de l’imagination
en gardant les
pieds sur terre. Être
disponible. Travail parfois
tard le soir et le
week-end.
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