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Emploi : le bâtiment peine toujours à trouver des bras

Pénurie de main-d'oeuvre sur fond de carnets noircis de commandes



De nombreux métiers sont à la recherche de personnel qualifié. Mais l'avenir est plus rose puisque les centres de formation attirent plus de jeunes apprentis.

« Entreprise de Laval recherche carreleur. » Voilà le type d'annonce qui reste sans réponse chez Actual, quai Sadi-Carnot. Même si certains métiers (électricien, plombier...) trouvent des candidats, l'agence intérim peine à recruter pour le bâtiment. « Nous cherchons des plaquistes, des coffreurs, des maçons, des couvreurs, des charpentiers et des chauffagistes. »

À côté des demandes en ouvriers qualifiés, « la Mayenne a des besoins importants en encadrement intermédiaire », prolonge Jean-Christophe Juhel, secrétaire général de la Fédération française du bâtiment (FFB). Plus précisément, le département recherche des chefs d'équipe, des maîtreurs et des dessinateurs.

Deux facteurs intensifient le phénomène. Le bâtiment est en très forte progression. « Cette année, les entreprises ont des carnets de commandes pleins, parfois jusqu'à plus de six mois », note Daniel Cousin, directeur de la Capeb (Confédération artisanale des petites entreprises du bâtiment). Ensuite, toute une génération d'artisans va prendre sa retraite et il va falloir la remplacer.


« Le niveau des élèves a augmenté »

Pénurie de main-d'oeuvre sur fond de carnets noircis de commandes. Ce paradoxe n'a pas échappé à la chambre de métiers et de l'artisanat. « Il y a de réelles tensions sur le marché. Les entreprises peinent surtout à recruter des ouvriers qualifiés », analyse Jean-Marie Mignon, le secrétaire général. Une raison à cela. « Les salariés doivent maîtriser des techniques plus pointues et des normes plus contraignantes. »

D'où la nécessité de parier sur les formations. Or, même si elles voient arriver des jeunes d'un meilleur niveau, selon lui, « on reste sur une idée que l'apprentissage est fait pour des jeunes en échec scolaire ». La faute aux professeurs de l'enseignement général et surtout aux parents pour lesquels métiers manuels riment avec carrières sans avenir.

Thierry Basserau, le directeur-adjoint du Centre de formation des apprentis (CFA) du bâtiment à Laval est plus optimiste. « Il faut casser cette image : t'es mauvais, tu vas en apprentissage ! Elle n'a plus de réalité ». La preuve : le CFA comptait 350 élèves il y a 6 ans, il en reçoit plus 500 actuellement. « Toutes mes formations sont pleines, reprend Thierry Bassereau. Le niveau des élèves augmente et 35 % poursuivent vers une formation complémentaire ou un bac pro. » Mieux les formations se sont largement tournées vers les énergies renouvelables.

« Le bâtiment a beaucoup changé, insiste Thierry Basserau. Les conditions de travail sont bien meilleures et les syndicats professionnels ont aidé à changer l'image du métier. » Reste que si les jeunes viennent plus facilement vers le bâtiment, ils ne seront pas sur le marché avant quelques années. L'artisanat va devoir patienter.

Jean-François VALLÉE, Ouest-France


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