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Emploi : la mixité pour des métiers qui peinent à recruter

Des métiers d'hommes qui vont bien aux dames



La mixité des emplois reste une aventure originale dans beaucoup de métiers qui peinent à recruter. Celles qui ont franchi le pas ne regrettent rien. Témoignages.


Sabrina, chaudronnière : « A la fin de la 3e, je n'ai absolument pas pensé à un métier comme celui-là. Je ne savais même pas que ça existait. J'ai fait un BEP vente. Je n'ai jamais travaillé dans la vente. J'ai été serveuse. Et puis j'ai cherché un vrai métier, plutôt manuel. J'ai eu l'occasion de visiter un atelier de chaudronnerie : ça m'a tout de suite plu. On part de rien, on arrive à produire des choses énormes et bien faites. J'ai trouvé ça chouette.

J'ai suivi un stage Afpa. Je suis maintenant en intérim et ça devrait déboucher sur un CDI. Aujourd'hui, je suis très fière de ce que je produis. Etre une femme dans un milieu masculin ne me pose aucun souci. Avant de faire ma formation, j'ai rencontré une autre femme en situation de travail. Ça m'a donné totalement confiance. »



Cécile, menuisier alu : « J'ai eu un parcours scolaire chaotique. J'ai travaillé dans des collectivités, puis comme crémière ou fleuriste. Un jour, mon conjoint m'a suggéré de suivre une formation pour avoir un métier. Mon grand-père était menuisier charpentier de bord. J'aimais toucher et sentir le bois. Je bricolais souvent à la maison.

Alors j'ai suivi une formation en menuiserie bois. Mais je ne trouvais pas de travail. On ne me donnait pas ma chance. J'ai trouvé une offre en menuiserie alu. Je me suis présentée. L'employeur était une femme. C'est peut-être pour ça qu'elle m'a donné ma chance. J'ai été recrutée. Je ne touche plus du tout au bois. Je n'ai eu aucun souci d'intégration. S'il y a des charges lourdes à déplacer, je demande de l'aide à mon collègue masculin. »



Nelly, ajusteur : « Je n'aime pas employer le mot d'ajusteuse. Le nom de mon métier c'est ajusteur. A Airbus, sur la chaîne de l'A 320, nous sommes quatre femmes pour 70 hommes. Quand je me suis présentée en 2004, je n'avais aucune formation. J'ai montré de la motivation. A l'époque, j'avais un CDD aux Chantiers. Je ne m'y sentais pas bien. J'ai démissionné pour aller suivre un stage à l'Afpi.

Mon mari travaille chez un sous-traitant d'Airbus. Il me parlait d'avions avec passion. Ça m'a motivée. Porter un bleu toute la journée ou avoir les mains crasseuses, faut pas croire que ça m'attirait. Mais voir un avion sortir de l'usine, c'est super. Je sais qu'il va transporter des gens et que j'aurais contribué à sa réalisation. Je dis souvent que c'est mon bébé ! A l'atelier, les hommes nous chouchoutent. Pas besoin d'appeler longtemps pour avoir un coup de main, s'il faut transporter une charge lourde. Et puis, ils font plus attention à leur langage !



Repères. Les professionnels de l'accompagnement vers l'emploi du bassin de Saint-Nazaire se sont réunis une nouvelle fois, mardi, pour évoquer ces problèmes de mixité des emplois, pour répondre notamment aux besoins des entreprises qui peinent à recruter. Dans le bassin La Baule, Pornic, Saint-Nazaire, les employeurs déclarent envisager 8 600 recrutements dans les prochains mois, tous métiers confondus.

Et pourtant, un entrepreneur sur deux prévoit des difficultés à recruter. Notamment dans la construction, les industries agroalimentaires, l'industrie, le commerce et les services.

Les postes d'ouvriers qualifiés en mécanique sont particulièrement difficiles à pourvoir, mais aussi les animateurs socioculturels et les employés et agents de maîtrises pour l'hôtellerie.


Source : Ouest-France


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