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Emploi : faire travailler les « seniors » plus longtemps

Le casse-tête de l'emploi des seniors



Pour sauver le régime des retraites par répartition, il ne faut pas... que le nombre de retraités augmente. Le gouvernement y travaille.

En 1945, la retraite était à 65 ans. L'espérance de vie d'un homme de 59 ans. Et la question du financement des retraites ne se posait pas de la même manière qu'aujourd'hui.

Avec une durée de vie prolongée de vingt-cinq ans, la donne a changé. Pour financer les retraites de demain, le gouvernement réfléchit à un certain nombre de mesures, qui seront débattues avec les partenaires sociaux, le 28 avril.

Parmi les pistes envisagées, faire travailler les « seniors » plus longtemps. Triple économie : restant actifs, ils paient davantage d'impôts que s'ils étaient retraités. Ils cotisent également plus longtemps pour les caisses de retraites. Enfin, l'État diffère le moment de leur payer leurs pensions.

Reste à inciter ces « seniors » à rester au boulot - ou à y retourner. La France, mauvais élève de l'Europe, n'y est pas encore parvenue. Rares sont ceux qui pointent encore dans les entreprises après 57 ans et demi : les employeurs n'en veulent plus.


Remettre les « vieux » chômeurs au travail

Le gouvernement oeuvre donc dans deux directions : d'abord remettre les « vieux » chômeurs au travail. Actuellement, les plus de 57 ans et demi sont dispensés de recherche d'emploi par l'ANPE. La ministre des Finances, Christine Lagarde, voudrait supprimer cette dispense de recherche. Inconvénient : les 400 000 personnes concernées viendraient gonfler des statistiques du chômage, dont elles sont actuellement exclues...

Seconde piste, faire pression sur les entreprises. Celles-ci ne se sont pas ruées sur les CDD seniors et rechignent à engager un salarié âgé, qu'il faudra former deux ans avant... qu'il ne quitte définitivement l'entreprise.

Alors, des quotas, comme pour les travailleurs handicapés ? Jean-Christophe Le Duigou, numéro deux de la CGT, y est résolument opposé. « Déjà en 1995, du temps d'Alain Juppé, on nous avait proposé des «quotas jeunes «. Ce n'est pas en changeant l'ordre dans la file d'attente qu'on fera une vraie politique de l'emploi. »

En revanche, selon lui, un système de « bonus-malus » sera mis en place dans une loi prévue cette année. Les entreprises ne jouant pas le jeu seraient « pénalisées fiscalement, ou paieraient davantage de cotisations sociales ». Reste, pour le gouvernement, à gérer la réaction du Medef, viscéralement hostile à toute augmentation de ses charges.


Pierre PINSON, Ouest-France


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