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Emploi des seniors : postes réaménagés et adaptés aux salariés

À la biscuiterie, garder ses « vieux » salariés, et en bonne santé



Dans l'usine, l'odeur fait chavirer les papilles des visiteurs amateurs de « petits gâteaux ». Des pavés, des sablés, il en sort près de 150 000 chaque heure. C'est la biscuiterie de l'Abbaye, à Lonlay-l'Abbaye dans l'Orne.

Pour fabriquer ces gourmandises : près de 200 salariés, beaucoup à la chaîne. Des pétrisseurs qui préparent, des conditionneuses qui emballent, un service de maintenance, un autre de qualité, et des magasins, pour les matières premières, les emballages, les produits finis. Des hommes, un peu, mais surtout des femmes (70 à 75 %). Moyenne d'âge : 40 ans. Et 44 ans au service conditionnement.


Postes réaménagés et « passerelles »

Ici, jusque-là, l'âge des salariés, « on n'y avait jamais fait attention, raconte le directeur, Gérard Lebaudy. Cette année encore, on a embauché une femme de plus de 50 ans au conditionnement ». Sauf que. Une visite anodine de l'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), venue se pencher sur l'évolution des compétences, a soudainement attiré l'attention de la direction sur le « vieillissement » des salariés.

Comment les garder dans l'entreprise ? Et en bonne santé ? Ce fut le point de départ d'une longue démarche entamée à l'automne dernier, et qui produira sans doute ses résultats à l'automne prochain.


Pyramides des âges dans l'entreprise, mais aussi évolution des troubles musculo-squelettiques : l'Anact nous a « ouvert les yeux », dit le directeur. Avec des ergonomes, et un groupe de pilotage, composé de salariés de tout poil, chef et ouvrier de base, membre du comité d'entreprise et d'un cabinet de conseil, chaque poste est passé à la loupe. Notamment le savoir-faire et le « savoir-être » qu'il requiert : formation, technicité, degré d'encadrement, d'initiative, de communication.

À partir de ces « fiches métiers », les postes seront réaménagés pour être rendus plus « légers » aux salariés âgés. On analyse aussi les « passerelles » possibles entre différents postes. Ou les « variantes » d'emplois. Exemple ? « Des conditionneuses de plus de 50 ans peuvent devenir « tutrices » pour former de jeunes embauchés. Ça les dégage de leur poste, très physique, quelques heures de temps en temps. » Le test est en cours. Autre piste : « On étudie la possibilité de réserver quelques temps partiels (tous « choisis » dans l'entreprise) à des personnes de plus de 50 ans.»

À priori, la démarche est jugée « positivement » par les salariés. « Mais je les comprends, ils attendent de voir... », dit le directeur. Pour lui, c'est un « gros travail » qui prend du temps. « Quand on s'est réuni 3 ou 4 h et que l'on a fait trois fiches-métier, on est content », glisse-t-il. Mais, pour lui qui n'a jamais « mis en retraite » un employé, s'inquiéter maintenant de ses « vieux » salariés, est un pari sur l'avenir.


Carine JANIN, Ouest-France


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