Emmanuelle Coulange, 23 ans, a préféré le bâtiment, plutôt que de poursuivre vers une profession juridique pour laquelle elle avait fait des études de droit. Devenue couvreuse, elle a trouvé sa voie.
A 23 ans, la jeune étudiante a quitté l'université pour passer un CAP en couverture. Un métier qui la passionne et qui lui ouvre des horizons.
« J'ai passé un DUT de droit. Diplôme en poche, j'ai cherché du boulot et j'ai vite compris que ce ne serait pas facile et qu'en plus travailler dans un bureau, ce n'était pas forcément ce dont j'avais envie, raconte dans un grand sourire Emmanuelle Coulange, 23 ans. Mon père est couvreur et je me suis dit que c'était quelque chose qu'il ne me déplairait pas d'essayer. Papa m'a dit que c'était fou, que je n'avais pas été à l'université pour monter sur les toits... »
Oser faire ce que l'on a envie
Mais tenace, Emmanuelle ne cède pas. Encouragée par l'ANPE, elle frappe aux portes et finit par convaincre une entreprise de couverture de la prendre en CCD. « J'ai obtenu n premier contrat de 3 mois. Quand on a signé, mon patron m'a dit : « Pas de problème, si ça ne va pas, on arrête quand on veut. » Moi, j'étais certaine d'aller au bout. Quand j'ai décidé quelque chose, je m'y tiens. » Un second CCD de trois mois fait suite au premier, puis Emmanuelle décroche un contrat de professionnalisation pour préparer en 9 mois (à raison de 2 jours par semaine) un CAP de couvreur à l'AFPA (Association pour la formation professionnelle des adultes).
Parcours sans faute, aujourd'hui, main-d'oeuvre qualifiée, la jeune couvreuse voit l'avenir avec optimisme. « Le bâtiment est un secteur où, si on veut, on peut très bien évoluer. Il y a juste à se former. » Quand on lui dit que c'est une profession dure - car on ne lui dit plus que ce n'est pas un métier pour une femme -, Emmanuelle répond, que « travailler dehors, ce n'est pas forcément moins bien que de travailler enfermé dans un bureau... Quand on devient couvreur, on sait que parfois, dehors, il pleut... mais ça dure rarement toute une journée. Et puis, il fait aussi du soleil. Quant au panorama, depuis les toits, la vue est magnifique, toujours différente ».
De la place pour les femmes
Le bâtiment souffre d'une image qui peine encore à retrouver des couleurs. Dans ce contexte, les femmes ont le moyen de trouver leur place, sans avoir à jouer des coudes. Les patrons du bâtiment ont évolué et intégrer des femmes dans leurs équipes n'est pas un problème. Ce qui compte, c'est la motivation et l'envie pour le métier. « Ce n'est pas dégradant de travailler dans le bâtiment, défend Emmanuelle. Je suis très fière, lorsque je passe quelque part de dire, j'ai refait ce toit-là ou j'ai travaillé sur tel autre immeuble. C'est très valorisant de travailler et notre travail est à la vue de tout le monde. J'adore le bâtiment. »
Anne BLANCHARD-LAIZÉ, Ouest-France
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