L’assistante maternelle est devenue aide-soignante
Au sein de l’équipe médicale, l’aide-soignante assure l’hygiène et le confort des patients. C’est sans doute la personne
la plus proche des malades, à l’écoute de leurs souffrances et de leurs inquiétudes.
« Je voulais devenir
infirmière. Mais
j’avais un bac littéraire, option maths. Ce
n’était pas suffisant pour réussir les
concours des écoles. » Mireille Boiveau
s’engage dans un BTS économie sociale
et familiale. Un bébé arrive au foyer : « J’ai
choisi d’être maman d’abord. » Elle s’occupera
aussi des enfants des autres en
devenant assistante maternelle.
« Au bout de dix ans, j’ai voulu faire autre
chose. J’avais envie d’aider ceux qui
souffrent, qui sont en détresse. » Mireille
pense à un nouveau métier :
aide-soignante.
« J’ai travaillé pendant un an
pour avoir le concours d’entrée de l’école
du CHU de Nantes. » Elle a 38 ans.
Son stage la conduit à l’Hôtel Dieu. Elle
choisit l’un des services les plus difficiles :
les soins palliatifs. « On accompagne les
gens en fin de vie. »
Au terme de sa formation, l’hôpital ne
peut pas la recruter, faute de postes disponibles.
Elle trouve une place en intérim à
l’Association des paralysés de France. Six
mois plus tard, l’hôpital la rappelle pour des
remplacements. Au bout d’un an, Mireille
est nommée au service de soins palliatifs.
« C’est une petite unité de huit lits. »
Les patients sont, pour la plupart, atteints
d’un cancer. Certains sont âgés. D’autres
n’ont que 35 ans. Tous souffrent physiquement
et moralement. « Je dois savoir
évaluer la douleur de la personne pour
en informer exactement l’infirmière et le
médecin. On travaille toujours à deux.
On échange beaucoup entre nous. On
soutient aussi les familles des patients
qui viennent les voir. »
Le travail s’organise en fonction des besoins
des patients. Tous les jours, Mireille
veille à leur hygiène et à leur confort. « Je
les aide à faire leur toilette, à prendre leurs
repas... » Le métier est physique : « Je lève
les malades pour les transférer dans leur
fauteuil. Il faut bien se positionner. »
Le métier est exigeant. « En fonction
de leurs habitudes, je donne envie aux
patients de reprendre les gestes qu’ils
faisaient auparavant. Je parle avec eux
de ce qu’ils aiment, la musique, la
radio... Je leur apporte du bien-être
avec de petites choses. »
L’
aide-soignante est attentive. Mireille
écoute les patients. Certains lui parlent
de la mort. D’autres lui font des confidences
qu’ils ne feraient pas à leur famille.
Elle se souvient de cette personne
très fatiguée qui ne pouvait pas parler.
« Elle a eu la force de me dire merci.
C’est un cadeau magnifique. Nous
avons une reconnaissance extraordinaire
de la part de nos patients. »
Joël CRUSSON, Ouest-France
Durée des études
Deux ans après la classe
de troisième pour obtenir
le BEP carrières sanitaires
et sociales ou le BEPA services
aux personnes. Un
an d’études ensuite dans
une école d’aide-soignante.
Coût des études
Études gratuites en Bretagne
et en Pays de la
Loire. Ailleurs : de 3 000 €
à 4 200 €. Aides possibles
du conseil régional, des
Assedic, du Fongecif et
bourses du ministère de
la Santé.
Salaires
Au départ : 1 200 € à
1 275 € net par mois dans
le public ; au bout de dix
ans : 1 500 €. Dans le
privé : au départ, 1 100 € ;
au bout de dix ans,
1 300 €.
Embauches
21 000 emplois se dégagent
par an en France.
Plus de 2 000 dans
l’Ouest (à ajouter : plus
d’un millier de postes pour
les remplacements).
Localisation
Peu de débouchés dans
les hôpitaux. Les emplois
les plus nombreux se trouvent
dans les cliniques,
maisons de retraite, foyers
logement, soins à domicile
aux personnes âgées.
Profil
Avoir une bonne résistance
physique et psychologique,
le sens du contact
et des qualités humaines.
Être patiente et disponible.
Savoir écouter. Gardes
éventuelles la nuit et
le week-end.
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