Ils sont plus souvent victimes que les autres salariés. Pour les sensibiliser, une campagne d'information, plutôt rigolote, est lancée.
Chaque jour, en Bretagne, cinq salariés sont victimes d'un accident du travail les handicapant définitivement à la suite de lésions du dos. Chaque jour travaillé, toujours en Bretagne, plus d'un cancer est déclaré à la suite d'inhalation de poussières de silice, de bois ou d'amiante. Ces statistiques sont d'autant plus effrayantes qu'elles concernent, au premier chef, les jeunes de moins de 25 ans : « Ceux-ci sont 2,5 fois plus souvent victimes d'accidents au travail que les autres salariés, 3 fois plus pour les accidents de trajet », constate Jean-Luc Favre, président de l'Observatoire régional de la santé au travail (ORST).
Surtout l'intérim
Mais pourquoi les jeunes sont-ils ainsi particulièrement touchés ? « Parce que c'est leur premier emploi », répond Thierry Balannec, ingénieur-conseil de la Caisse régionale d'assurance-maladie. Cette découverte de l'entreprise s'accompagne souvent « d'un certain déficit » dans leur bonne information sur les règles de sécurité. D'autant plus qu'un jeune sur deux n'a pas été formé au métier qu'il va découvrir. Très logiquement, l'intérim est particulièrement frappé, « les intérimaires changent très souvent d'entreprises, dans des secteurs plutôt à risques ».
Ce phénomène est national, il n'a rien de particulièrement breton.
À ceci près que l'indice global de fréquence des accidents du travail est, en Bretagne, de 10 % à 15 % supérieur à la moyenne nationale, quels que soient l'âge des salariés et le secteur professionnel considéré. Du fait de la spécificité du tissu industriel breton (majorité de TPE et PME), « mais aussi parce que les Bretons sont plutôt légalistes et que la déclaration d'accident du travail est sans doute mieux faite ici qu'ailleurs... », tempère Thierry Balannec.
Face à ces constats, l'ORST a décidé de lancer une grande campagne d'information et de sensibilisation des jeunes salariés entrant sur le marché du travail. Elle s'appuie sur un site Internet interactif (1), pas du tout moralisateur mais plutôt rigolo, avec un quiz et des cadeaux. De plus, 20 000 affichettes vont être distribuées dans les lieux de passage tels que l'ANPE, les Missions locales, les points information jeunesse, etc. Enfin, 30 000 guides sont destinés aux médecins du travail : ceux-ci les remettront à chaque nouveau travailleur breton lors de sa visite d'embauche.
Reste à mesurer, d'ici un à deux ans, l'efficacité de ces actions. Mais c'est une bonne façon d'espérer que ces jeunes de la génération « même pas peur » soient un peu mieux sensibilisés.
Christophe VIOLETTE, Ouest-France
(1) www.riskoboulo.com
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